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Yoann MAESTRI : "Je n'imaginais pas une telle fête..." (Stade Toulousain, Top 14, H Cup, rugby)


Après Yann David la semaine dernière, c'est au tour de Yoann Maestri, un autre de nos parrains, de revenir sur le titre de champion d'Europe conquis face à Biarritz. Pour lui aussi, c'était son premier titre à ce niveau, le tout pour une première année dans le club "rouge et noir". Un parcours exceptionnel pour celui que l'on annonce comme le futur Fabien Pelous. Avant de partir en tournée avec l'équipe de France A, il nous a gentiment accordé de son temps, un peu éprouvé par les célébrations autour de la H Cup ! (par XIII)



Un an au Stade est déjà une H Cup dans la poche de Yoann !
Un an au Stade est déjà une H Cup dans la poche de Yoann !
Avec un titre pour ta première saison, le bilan est exceptionnel. Tu ne dois pas regretter d'être venu non ?
C’est ce qu’on nous fait « miroiter » quand on signe au Stade à savoir des objectifs élevés en début de saison et un gros effectif avec pas mal de joueurs cadres qui font que saison après saison, les résultats restent exceptionnels.

Comment as-tu vécu cette année ?
Vraiment très bien. On en discutait un peu entre nous après le titre et je ne m’attendais pas à tomber sur un groupe aussi « sympa », chaleureux où la bonne ambiance est au même niveau que le travail fourni. C’est très pro, cadré, précis et à côté de ça, il y a un très bon esprit d’équipe. On l’a vu toute l’année, il y a eu beaucoup de roulements et cela n’a pas empêché l’équipe de bien fonctionner. Je m'y attendais un petit peu car quand on regarde le Stade à la télé, on voit que les joueurs entre eux ont l’air de beaucoup s’apprécier et c’est vrai que de l’intérieur, c’est assez énorme.

Comment expliques-tu que le Stade ait toujours encore plus soif de titre ?
C’est l’esprit de compétition. Chaque année, tout recommence à zéro car on vous reprend la coupe ou le bouclier et vous n’avez qu’une envie, c’est de le reconquérir pour connaitre à nouveau des moments de bonheur. Je n’avais jamais rien gagné comme titre de ce niveau-là même si j’avais décroché avec Toulon le titre de Pro D2 et c’était déjà énorme. On m’en avait parlé et je n’imaginais pas une telle fête, une telle ambiance à Toulouse. Travailler un an pour ça, c’est magnifique et je comprends que l’on veuille chaque année gagner à nouveau.

Un tel parcours, ça s'applaudit ! Photo DDM
Un tel parcours, ça s'applaudit ! Photo DDM
"Sous pression..."

Comment avez-vous réussi à surmonter l’échec face à Perpignan qui n’était pas l’objectif principal d’après ce qui avait été dit ?
Ce qui a été dit, il faut en prendre et en laisser. Étant donné que nous avions le ticket pour la finale de H Cup une semaine après, c’est humain d’y avoir la tête sachant que l’on y est déjà. Je pense que malgré ça, il y a eu un match très engagé face à Perpignan qui s’est joué sur des détails et sur notre indiscipline. Ce match aurait été gagné, nous aurions dû le préparer après la victoire face à Biarritz et cela parait très difficile. Avec le recul, on se dit qu’après une finale et la pression que cela amène, repartir la semaine d’après semble difficile mais possible car le sport de haut niveau est fait de défis et je pense que cela en est un à relever.

Mais il n’y aurait alors pas eu la tournée des bars avec le petit train et toutes les célébrations…
Oui voilà (rires). On serait resté très calme à la maison.

Comment as-tu vécu ta finale : d’abord dans les tribunes puis sur le terrain avec deux prises de balle en touche très importantes…
J’étais sous pression comme jamais sur le banc. C’est vrai que j’avais envie d’y participer. Ce n’était pas un match facile pour rentrer. Il y avait un mélange d’énorme détermination et aussi de grosse pression. C’était une finale et il n’y avait pas à ce moment-là du match (Ndlr : 60e) d’erreur à faire. Il y a eu un peu de suspense puisqu’on prend un essai un peu casquette cinq minutes avant la fin qui nous a un peu fait peur. Après, il y a le dénouement et la joie de tout un groupe pour fêter toute une année.

Yoann sous le maillot frappé du coq en jeunes, maintenant en A : la grande équipe de France n'est plus très loin !
Yoann sous le maillot frappé du coq en jeunes, maintenant en A : la grande équipe de France n'est plus très loin !
"L'équipe de France : pas en brûlant un cierge !"

Tu es arrivé aux portes de l’équipe de France : dans les 30 pour le tournoi et maintenant en France A : cela approche !
Oui mais je reste sur ma ligne de conduite. Je ne me prends pas la tête avec ça. Les meilleurs sont pris en équipe de France et si on n’y est pas, c’est que l’on ne fait pas encore partie du cercle fermé et il faut encore travailler. Je n’ai pas encore d’attentes particulières par rapport à ça. Si ça doit venir, cela viendra. Cela passera par beaucoup de travail dans le club et non pas en y pensant tous les matins ou en brulant un cierge. Il faut aussi emmagasiner de l’expérience car je suis très jeune.

Savoir que tu y es presque te pousse à travailler encore plus ?
Non. Ce qui m’y pousse, c’est la joie que l’on peut retirer d’un match comme celui de Biarritz. La joie de pouvoir faire de notre sport un métier, d’avoir la confiance des coachs, des défis à relever individuellement par rapport à des adversaires. C’est ça qui me booste.

Tu parles de coachs et justement, beaucoup de personnes soulignent la « patte » Yannick Bru dans le système stadiste. Comment ressens-tu la chose ?
Je n’étais pas là avant mais c’est vrai que qu'il est très pointilleux. Devant, cette année, je pense que nous avons eu de bons résultats et en tout cas, les weeks-end où cela ne se passait pas très bien, le lundi, mardi et mercredi, on savait à quoi s’en tenir et c’est très important dans le sport. Les gens gardent souvent le bon mais il y a des imperfections et c’est vrai qu’avec Yannick, rien n’est laissé au hasard.

Le port de Carqueiranne : un décor de rêve.
Le port de Carqueiranne : un décor de rêve.
"Requinqué mentalement, certainement pas physiquement !"

Comment abordes-tu la tournée ? Plus tranquille avec le titre en poche ?
Non pas du tout. Il ne faut pas se relâcher. Je n'ai pas envie de me faire hacher par un Uruguayen ! J’y vais avec beaucoup de concentration et de détermination car comme c’est la fin de saison, on est un peu fatigué. Le fait d’avoir soufflé pendant une semaine avec les copains nous a permis de nous requinquer mentalement, et certainement pas physiquement (rires).

Après il y aura quand même les vacances…
Oui et j'en suis ravi. Je ne prendrai pas d’avion cette année. Je vais aller du côté de Carqueiranne et Toulon pour ressourcer en famille et prendre des bains de mer.

Un dernier mot sur le RCT justement qui ne passe pas loin avec une demi-finale de Top 14 et une finale de challenge européen...
Ils font une très belle saison et ne ramènent malheureusement rien par rapport à ce qu’ils ont fait. Je pense qu’avec le recrutement qui va être fait, ce sera encore de sérieux clients l’an prochain.

Propos recueillis par XIII

Lundi 31 Mai 2010

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