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Rétro
Thierry MASET : Encore et toujours au soutien !Avec Albert Cigagna et Karl Janik, Thierry Maset a formé l’une des plus belles troisième ligne du Stade Toulousain, dans les années 80-90. Autant craint que respecté par ses adversaires, le redoutable flanker a soulevé trois fois le Brennus, en 1985, 1986 et 1989. Nous avons eu le plaisir de le retrouver lors de la dernière Mêlée Muret XV, dont il est partenaire. Nous en avons profité pour lui demander de poser son regard bleu acier sur le rugby d’aujourd’hui…et d’hier. Thierry Maset faisait partie de ces joueurs dont on disait qu’il vaut mieux l’avoir avec soi que contre. Il distribuait quelques "tampons" mémorables. La finale gagnée contre Toulon en 1985 gravée dans toutes les mémoires toulousaines, reste comme l’une des plus belles de l’histoire. Ce titre marquait le renouveau du Stade Toulousain. Thierry Maset a livré des batailles épiques contre les Champ, Tordo, Erbany, Rodriguez et autres Cabannes. Ils ont tous été appelé en équipe de France, pas lui. A 48 ans, le natif de Carmaux n’a pas changé, et on s’en réjouit. (par Jonah Lomu)
Thierry Maset, tout d’abord, que faites-vous aujourd’hui ?
Et bien depuis trois ans, je travaille sur Muret, chez MUTUA. C’est une société qui dispose d’une structure de gestion pour les mutuelles d’entreprise. Ainsi, nous avons la particularité de gérer des contrats de complémentaire santé, et de permettre aux PME d’accéder à nos services dans le cadre d’un contrat collectif. C’est très intéressant. En plus, j’ai même pu joindre l’utile à l’agréable, en ayant des clients "rugby". Vous êtes toujours proche du rugby ? Tout à fait, je suis tout d’abord vice président de l’Amicale des anciens du Stade Toulousain, président de l’association caritative, initiée par Alain Mondon, "rugby du monde", je joue de temps en temps avec les anciens internationaux, et j’appartiens aussi à la mêlée muretaine. J’ai parfois l’impression que je ne fais plus trop grand-chose dans le rugby, mais ça me prend beaucoup de temps au final. Vous n’avez jamais véritablement décroché, non ? Le rugby, j’y suis tombé dedans depuis tout petit. On a du mal à s’en défaire. Et sans trop m’en rendre compte, je suis resté proche du rugby. C’est toujours un plaisir de rencontrer des gens qui aiment le rugby. Certains me parlent parfois de souvenirs que j’ai oubliés. C’est sympa. De moments qui les ont marqués. Parler du rugby reste toujours un très bon moment de toute façon. Rugby31 parle du rugby amateur, quel regard portez- vous sur le rugby amateur d’aujourd’hui? Le rugby amateur, c’est la base. Tout simplement. Ca l’a été et ça le restera. Il ne peut pas y avoir de haut niveau sans rugby amateur. Tout le monde a commencé par là. Aujourd’hui, avant de signer un contrat professionnel, un joueur passe automatiquement par une école de rugby, de son village, de sa région. Il est essentiel que cela perdure, car c’est l’essence même de ce jeu. Je tire toujours un grand coup de chapeau à ceux qui "font" le rugby amateur. "Même dans mes rêves, je ne suis plus titulaire !"
La photo symbole et historique du Thierry Maset combattant…et du Stade Toulousain des années 80 ! Photo DR
Au niveau professionnel, le rugby s’est transformé, avec l’argent notamment. Qu’en pensez- vous ?
L’exposition du rugby a énormément évolué aussi. Donc il est logique que l’économie de ce sport suive le mouvement. Les médias sont demandeurs, cela attire des annonceurs, donc c’est tout un système qui a changé progressivement. Il y a de plus en plus d’enjeux, sportifs bien sûr, mais financiers aussi. Il faut rapidement des résultats. Au détriment de la formation parfois, non ? C’est sûr, et je le regrette. Comme je le disais, les clubs ont besoin de résultats, et c’est la course à "l’armement". C’est plus ou moins règlementé, mais il faut arriver à limiter le nombre de joueurs étrangers dans une équipe. Certains clubs misent encore sur les jeunes issus de leur formation, mais c’est un choix dicté par le manque de moyens. Ainsi, on peine à trouver des joueurs aux postes clés, pour l’équipe de France. Que faire ? Un règlement plus strict ? Peut-être. Pour que nos jeunes joueurs puissent s’épanouir normalement. On constate aussi, que des clubs sont revenus sur le devant de la scène grâce à un sponsor, unique. C’est bien, mais dangereux aussi car le jour où ce sponsor s’en va, que restera-t-il du club ? D’un autre côté, cet argent, ces sponsors permettent au rugby d’être mis en avant, et intéresse de plus en plus de gens. Voyez comme toute cette évolution a du bon et du moins bon. Mais quand on voit les audiences télé, les stades pleins, et le spectacle qui nous est proposé, on peut aussi dire que l’argent contribue à cette réussite. Je prends pour exemple le match en H Cup entre Biarritz et le Stade : quel match ! Un stade de 35 000 personnes, un scénario dingue, des rebondissements, du suspense. C’est à l’image du rugby moderne, je crois. Vous auriez aimé joué dans ce rugby professionnel d’aujourd’hui ? Je suis un joueur du siècle passé (rires), donc pas de nostalgie, ni de regrets. J’ai mes repères. Dans ma famille du Stade Toulousain, j’y ai tous mes amis. Et ce club s’est construit sur des valeurs fortes. Les entraîneurs, présidents, joueurs sont pour la plupart des anciens du club. J’ai l’impression d’avoir suivi le mouvement, normalement. D’avoir grandi avec cette famille. Mais je ne regrette rien. Je vais vous faire une confidence, il m’arrive parfois de rêver que je joue encore, mais même dans mes rêves, je vois bien que je ne suis plus titulaire (rires) ! En parlant de souvenir, quel est votre meilleur souvenir ? Il reste les gros matches, les victoires, des moments ici ou là. Mais le titre en 1985 a une saveur particulière pour moi. C’était ma première finale, devant ma famille en plus. Mes parents avaient pris l’avion pour la première fois, et découvraient donc Paris. J’ai ainsi pu leur permettre de vivre de grandes émotions. Emotions partagées bien sûr. C’est un souvenir très fort pour moi. Je suis fier d’avoir pu leur faire vivre ces moments. Des regrets ? Non, pas vraiment. J’ai connu des sélections A, B….Mais jamais dans la grande équipe de France. A ce moment-là, disons que les décisions se prenaient dans le Lot-et-Garonne, et dans le bureau d’Albert Ferrasse ! (sourire). Je pense que certains joueurs n’ont pas eu leur chance, et que d’autres ont pu l’avoir plus facilement… Propos recueillis par J.L Retrouvez en cliquant ici des extraits de la finale de 1985 contre le RC Toulon où Thierry s'était distingué en autres par une passe à une main de 20 mètres pour l'essai de Denis Charvet Contactez Mutua pour vos prestations de services aux mutuelles. www.mutua.fr/contact.html Mercredi 20 Avril 2011
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