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Christian VIVIÉS : "J'ai un cadeau pour toi..." (Rieumes, Agen, rugby)

D'origine rieumoise, l'aîné des frères Viviès se raconte. Agen, Rieumes, ses anecdotes, et son fils. Tout y passe, avec une franchise et une honnêteté dignes du rugby, il nous confie ses sentiments, et sa vie de restaurateur. Sans pour autant oublier d'évoquer son avenir... dans le rugby ? (par XIII et Assurancetourix)



Christian Viviès, sous le maillot agenais face à Béziers.
Christian Viviès, sous le maillot agenais face à Béziers.
Christian Viviès, originaire de Rieumes, pays du rugby, un petit mot sur votre parcours ?
Oui, Rieumes jusqu’à 19 ans, Agen ensuite dix saisons durant, puis retour au bercail avec quelques bons résultats. Le moment de fierté, c’est d’être le plus petit club en Groupe B, champions de France troisième division, finalistes de seconde. Puis j’ai entrainé quelques clubs : Villefranche-de-Lauragais, le FCTT, un petit intermède à Rieumes, le temps de remonter en Fédérale 1 et un peu à Saverdun.

Le moment de gloire, ce titre avec Agen ?
Effectivement, le titre avec Agen, le titre avec Rieumes également. Première division, Troisième division puis finaliste de la deuxième. J’aurais voulu la gagner, auquel cas, j’aurais eu un titre de chaque division. Malheureusement, nous l’avons perdu.

Marcel Bilière et sa fresque, Rieumes est un sacré vivier de l’équipe de France !
Absolument, Rieumes est un club très formateur. Il est sorti dans toutes les générations des internationaux, donc tout gosse, tu côtoies des internationaux et tu as tout le temps envie de faire comme eux, et ce à chaque tranche d’âge.

Et à ce jour, vous suivez toujours assidument le SCR ?
Un peu moins, j’ai beaucoup de travail ici (restaurant Asado-Café-TOEC), je vis toujours à Rieumes, mais je les suis beaucoup moins. Je les aide un peu financièrement avec mes moyens, du sponsoring.

"Tu finis un jour par tomber"

Aujourd'hui, l'ancien demi d'ouverture est restaurateur sur Toulouse. Rendez-vous à l'Asado Café TOEC !
Aujourd'hui, l'ancien demi d'ouverture est restaurateur sur Toulouse. Rendez-vous à l'Asado Café TOEC !
Un retour aux affaires prochain ?
Je ne sais pas, on m’en parle un petit peu. Pour l’instant je ne peux pas, j’ai trop de boulot. Puis le rugby prend de plus en plus de temps, il est de plus en plus compliqué. Pour s’en occuper, il faut vraiment être disponible.

Un regard sur la saison rieumoise ?
Ils sont sortis de la zone de relégable, j’espère qu’ils vont s’en sortir et rester en Fédérale 3. Mais il faudrait qu’ils soient un peu plus ambitieux, essayer de rebondir un petit peu. Tu ne peux pas flirter toujours avec la descente éternellement, parce que tu finis un jour par tomber.

Pour en revenir à vous, dans votre carrière de haut niveau, des rencontres particulières, des instants marquants ?
C’est sûr, il y a des moments forts, on en a tous eu. Des supers rencontres, de chouettes histoires. Puis j’ai un commerce donc je vois quasiment tous les jours des anciens joueurs. Ce sont tout de même des instants privilégiés. Une anecdote qui me tient vraiment à cœur, j’ai retrouvé ce gars il n’y a pas longtemps : Hugo Portas. Il était le demi d’ouverture de l’Argentine, le buteur, la star. Puis il a été ambassadeur pour l’Argentine, en Afrique du sud, un sacré type. Un jour, je rencontre l’Argentine avec l’équipe du Sud-Ouest, une belle équipe. Je fais, on peut le dire un bon match, je passe deux fois Portas et on marque à deux reprises. À la fin du match, je veux échanger le maillot, mais ce n’était pas la même époque… Pas un test-match non plus, donc il me dit « On ne peut pas changer les maillots, mais je pense que je vais te jouer en test-match ! ». Malheureusement, je ne joue pas en test-match. Mais j’avais un coéquipier, Francis Dagin, qui jouait en équipe de France, et un jour, arrive à l’entraînement « J’ai un cadeau pour toi ! » : c’était Hugo Portas qui m’avait envoyé son maillot. Une belle histoire, je l’ai revu il y a deux ans ici, et nous sommes désormais bons amis.

"Avec le frangin, trois ans ensemble, c'était super, l'entente cordiale !"

Ici à la manoeuvre, avec le n°10 qui lui sied si bien.
Ici à la manoeuvre, avec le n°10 qui lui sied si bien.
L’équipe de France, un regret ?
Pas forcément, je ne butais pas, on me reprochait mon franc-parler, ça ne plaisait pas à tout le monde. Du coup, j’ai fait ma carrière. J’étais aux portes, je le savais mais bon, j’ai quand même eu quelques sélections en France B. On ne peut pas dire qu’on n’aimerait pas être international, mais ça ne m’a pas dérangé outre-mesure.

Un petit mot sur la tauromachie ?
J’y vais de temps en temps, sans pour autant que ça soit une passion. Je ne sais pas si je m’y connais tant que ça, mais c’est comme les matches de rugby, il y a des bonnes et des mauvaises corridas. J’avais lancé « Féria en Savès », parce que Rieumes n’est pas un endroit de passage, c’est un endroit où l’on vient exprès. J’avais un commerce là-bas, puis c’était, économiquement parlant, un peu plus prospère qu’actuellement. Donc « Féria en Savès », c’était un plus pour la ville je pense, plus que pour la tauromachie. C’est encore d’actualité, il y a eu plusieurs changements de dates, mais on est revenu sur la fin juin, la date initiale.

Un mot sur le frangin, Bernard ?
Il ne fait plus rien pour l’instant, rugbystiquement il s’occupe un peu de l’équipe de Provence. Il a été sollicité pour entrainer, puis il est toujours un peu chaud pour refiler un coup de main à Rieumes. Donc il se peut qu’un de ces quatre, nous proposions nos services à Rieumes. On a joué trois ans ensemble à Agen, c’était super, l’entente cordiale ! Des fois, on nous reprochait même de trop se chercher sur le terrain, mais c’était de bonne guerre.

... et le fiston !

Romain, félicité par Cyrille Carrière, coach de l'AS Muret, joue la montée en CFA2 (photo : La Dépêche du Midi)
Romain, félicité par Cyrille Carrière, coach de l'AS Muret, joue la montée en CFA2 (photo : La Dépêche du Midi)
Et avec le resto, éloigné des terrains mais pas tant que ça !
Ça marche bien. Il y a une connotation rugby ici, donc je pense que ceux qui viennent savent à quoi s’attendre. On parle des week-ends passés ou qui vont venir. Et le FCTT donc, qui redresse la barre.

Enfin, retour sur la passion du fiston, Romain : le foot !
Ouais, c’est sympa ! J’y ai joué étant gosse, donc je connais un peu. Je suis très content, ce qui m’importait le plus, c’est qu’il fasse un sport collectif. Rugby, hand ou foot, aucun problème. Un moment, le rugby l’a titillé, mais je lui ai dit que c’était absurde, avec tout le foot qu’il avait derrière lui. Il a des qualités, il lève la tête, c’est important , collectif. Il pourrait se bouger un peu plus je pense, et me voilà maintenant supporter de Muret. Après le SCR, l’ASM !

propos recueillis par XIII et A.

CHRISTIAN VIVIÈS
Né le 26 mars 1950 à Rieumes
Profession : restaurateur
Parcours : Rieumes, Agen, St-Girons
Palmarès : champion de France 1976 (Agen)
International

Lundi 8 Mars 2010