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Le rugby, la vie - Discours aseptisés et traductions associées


A l'heure où le Père Noël est la star mondiale du moment, revenons sur le cadre de nos matchs de haut niveau. Après la sincérité de l'engagement des joueurs, à côté des valeurs vraies de notre sport, il arrive que certains entraîneurs nous gratifient de quelques phrases très surfaites visant à assurer une réponse minimale aux journalistes présents. Certaines, plus complexes qu'il n'y parait, méritent quelques traductions que nous vous proposons ici afin que tout soit aussi clair qu'un "tu m'emmerdes avec ta question"... (par Jiémel et Mi-Temps, troisième du nom)



Marc Lièvremont a toujours notre respect aussi pour sa franchise lors des conférences de presse. Photo DR
Marc Lièvremont a toujours notre respect aussi pour sa franchise lors des conférences de presse. Photo DR
Il ne vous aura pas échappé que, professionnalisation et médiatisation obligent, les discours d'avant-match se sont banalisés, stéréotypés, "languedeboitisés". Ainsi, même si le rapport de force est du style All black contre Petits chanteurs à la croix de bois, le coach favori ne manquera pas de se fendre d'un :
"Nous respectons toutes les équipes". Lisez plutôt, on est bien obligé de jouer le match, il est prévu au calendrier depuis des mois".
"Ils vont être dangereux car ils vont jouer sans pression". Entendez "dangereux c'est sûr. En face, si ça dégoupille et qu'ils remplacent le rugby par l'ultimate fighting, il va y avoir du sang et de la tripaille sur le gazon si chaque plaquage ressemble à un dévissage de tête et que dans chaque ruck, ils nous laissent leur autographe sur le râble à coup de crampons de 18 soigneusement aiguisés. On pourrait y laisser des plumes."
"Nous abordons ce match avec beaucoup d'humilité" . Ben voyons ! Tellement que les joueurs ont décidé de ne pas prendre de quoi se doucher après le match, persuadés qu'ils sont qu'ils n'auront besoin ni de transpirer, ni de se salir. En plus ils ont préféré parier que Justin Bieber allait épouser Arlette Chabot et que Jean-Pierre Chevènement défilerait déguisé en drag queen à la prochaine gay pride plutôt que sur le fait qu'ils pourraient perdre ce match.

"Au match aller, ils nous avaient posé des problèmes" : c'est sûr. Le gardien du stade avait paumé les clés du vestiaire, les douches étaient froides et la route est pourrie pour aller dans leur patelin.

"On ne pense pas au bonus offensif, seulement à réaliser un bon match" : tu parles ! Les joueurs savent que s'ils n'enquillent pas au moins une demi-douzaine d'essais, le coach leur a promis de leur épiler les parties intimes à l'Elastoplast.
"Nous prenons les matchs les un après les autres" : monument de lapalissade. On n'a pas encore vu, même si cela arrangerait bien un calendrier surchargé, une équipe jouer deux adversaires à la fois. Quinze contre trente. Imaginez la pétaudière qui n'aurait d'égal que les débats internes de droite et de gauche pour savoir qui sera calife à la place du calife.
"Au match aller, ils nous avaient posé des problèmes" : c'est sûr. Le gardien du stade avait paumé les clés du vestiaire, les douches étaient froides et la route est pourrie pour aller dans leur patelin.
"Ça va se jouer sur des détails" : quand on sait que "détail", c'est le nom qui est donné aux joueurs adverses, l'expression n'en est que plus savoureuse.

Heureusement, dans les discours d'après-match, rien ne change. Tout le monde a une bonne raison de critiquer l'arbitre.

Par Jiémel et M.-T.
Encore une question ?...
Encore une question ?...

Vendredi 30 Décembre 2011

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