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Le rugby, la vie - Aujourd'hui, savoir vivre et autres bonnes manières en Ovalie...


Cadrage. Et débordement. Mais alors large le débordement car la on est même pas en touche, on est directement dans les tribunes ! Comment arriver à parler dans un article finalement très ovale de Rouget de Lisle, de Nadine de Rotschild, d'Oscar Wilde mais aussi de Stephane Bern ou encore de Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme ? Le rugby se jouerait-il avec le petit doigt en l'air quelque part par le monde ? Arrrrrrrrrrrrrrrrrh, un petit plaisir que de sortir de la boue et des chocs bruyants des épaules des bleus, dans les coustelous des rouges en cette saison achevée. Pour mieux y revenir bien sûr. Recoiffez-vous, replacer votre bouton de manchette et savourez (par Jiémel. N'est-il pas?)



Nadine, de l'équipe cuisine du club de...
Nadine, de l'équipe cuisine du club de...
Le rugby est un sport de voyous pratiqué par des gentlemen. Belle définition que l'on attribue souvent à Oscar Wilde mais qui serait l'oeuvre du journaliste américain et ancien joueur de foot (américain également) Henry Blaha. Qui dit gentleman, dit bonnes manières et donc, nous ne doutons pas que tous les pratiquants aient fait leurs les règles de bienséance prônées par l'intemporelle Nadine de Rotchschild dans son merveilleux opuscule «le bonheur de séduire, l'art de réussir».
S'il restait encore quelques malotrus en Ovalie, nous rappellerons ici quelques principes à leur attention.
C'est toujours à l'équipe visiteuse de témoigner des égards à son hôte. En effet, vous savez à quel point certains sont susceptibles lorsqu'il s'agit de défendre leur pré carré même en terre ovale. Souvenez vous de la Marseillaise de Rouget de Lisle,homme pourtant affable et au sens de l'hospitalité légendaire :
«Quoi ces cohortes étrangères
feraient la loi dans nos foyers?
Quoi ces phalanges mercenaires
terrasseraient nos fiers guerriers?»
Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il était à cheval sur les principes.
Aussi, si vous ne voulez pas passer pour les derniers des gougnafiers, nous considérons que l'on ne saurait s'imposer à l'extérieur sans y avoir été courtoisement invité Dans tous les cas, vous vous devez de répondre. Soit, vous acceptez sans enthousiasme excessif en disant que c'est avec grand plaisir que vous irez leur mettre une dérouillée dimanche prochain. Mais vous ne devez pas pour autant vous considérez en terrain conquis : point de rodomontades qui altèreraient votre prestance, Gardez toujours de la considération pour vos adversaires, montrez vous magnanimes et n'hésitez pas à les gratifier d'une charmante attention comme un point de bonus défensif qui est un cadeau qui fait toujours plaisir.
Soit vous déclinez poliment l'invitation, sans faux fuyants, en expliquant que vous avez suffisamment d'avance au classement et que vous préférez faire tourner votre effectif. Rassurez-vous, vos hôtes ne vous en tiendront pas rigueur. Concernant l'usage des couverts, si vous prenez un bouillon en défense, vous pouvez vous servir de la cuillère. En revanche, si vous mangez en mêlée et dans les rucks, n'oubliez jamais que l'usage de la fourchette est proscrit. Vous passeriez illico pour un malitorne et vous ne seriez pas invités à la chasse à courre avec les de Villiers de Saintignon et les Galouzeau de Villepin.
Concernant la tenue, attention aux fautes de goût : la cravate est absolument à éviter lors des deux premières mi-temps sous peine de vous faire vertement morigéner par l'arbitre et de subir lazzi et quolibets lors de la troisième.

Quel que soit le résultat du match, ne témoignez ni acrimonie, ni fatuité.

Hermine, une bonne compagne de troisième mi-temps.
Hermine, une bonne compagne de troisième mi-temps.
Lors du cocktail dinatoire qui suit la rencontre (ne dites pas «pot», c'est trivial), ne vous comportez pas comme un soudard; vous n'êtes pas là pour faire ribote. Goutez avec modération à tout ce que l'on vous propose en flattant les maîtres de maison en soulignant la saveur rustiquement authentique du saucisson, l'affriolante croustillance des chips et l'exaltante fraicheur de la bière ce qui fera également indirectement plaisir au petit personnel qui oeuvre en coulisse.
Quel que soit le résultat du match, ne témoignez ni acrimonie, ni fatuité. Votre longanimité vous poussera à écarter d'un revers de main toute polémique concernant ce coup de genou que vous reçûtes dans les parties ou cette oreille que vous laissâtes à la gourmandise d'un joueur du cru, les reléguant au rang d'épiphénomène afin de ne point assombrir ce moment de chaleureuse convivialité. Vous deviserez plutôt avec Stéphane Bern avec qui vous partagerez de savoureuses anecdotes sur la vie trépidante d'Hermine de Clermont-Tonnerre ou de Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme.
N'oubliez pas enfin, qu'en la matière, le prosélytisme est bienvenu. N'hésitez donc pas si vous croisez les crampons d'un bélitre récalcitrant à lui recommander la lecture de l'ouvrage de l'irremplaçable et irremplacé Pierre Desproges, le"Manuel de savoir vivre à l'usage des rustres et des malpolis".

Par J. (beaucoup) et M.T (à peine)

Mardi 28 Juin 2011

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