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Jeunes
Laurent VIOLLE (Taddéi moins de 16 ans) : "Travailler le projet d'équipe"L'expérience professionnelle de Laurent Viole lui aura permis de découvrir plusieurs facettes du rugby et dans des cadres des plus variés. De son Hagetmau natal, il bifurquera par Pau, Colomiers dans les catégories de jeunes. Détenteur du professorat de sport, actuellement toujours Conseiller Technique Sportif mis à la disposition de la FFR par le ministère Jeunesse et des Sports, c'est à Besançon (qu'il entrainera par ailleurs), en Franche-Compté qu'il obtient son premier poste. Voici dix ans qu'il officie au sein du Comité Midi-Pyrénées de rugby sur le poste laissé libre par Michel Arpaillange. Ajoutez à cela pèle-mêle, six ans d'arbitrage, deux ans de rugby à Balma, un diplôme de personnal coach, plusieurs saisons comme préparateur physique à Colomiers et Cahors, un véritable cv à sensation. A 38 ans et avec autant d'expériences diverses qui ne semblent pas devoir s'arrêter là, avec les diverses sélections de rugby à sept, à quinze, régionales ou nationales qu'il a pu encadrer, le jeune agent de développement du rugby du Comité des Landes qu'il était pendant quatre ans n'en oublie pas ses premiers dirigeants qui l'ont lancé dans la vie professionnelle et notamment Gaston Dubois. Aujourd'hui à la tête de la sélection des Taddéi moins de 16 ans du comité, rencontre avec l'entraineur principal qui part avec son groupe et une délégation au traditionnel séjour en Vénétie. L'occasion de dévoiler l'objectif de ce stage, les qualités de cette équipe avant les quarts de finale de la compétition Taddéi qui opposera la sélection au Béarn le 4 mars prochain. (par Miga Latapi)
Laurent, vous partez la semaine prochaine avec l'équipe du comité Midi-Pyrénées des moins de16 ans et une délégation complète en Vénétie. Quel est l'historique de ces échanges entre cette Province et notre comité ?
Ces échanges datent de bien avant mon arrivée au comité Midi-Pyrénées voilà dix ans. Ils ont débuté en 1995, à l’époque Jean Claude Bacqué et Monsieur Venturini, les présidents des deux comités ont signé un protocole d’échange qui a permis à des joueurs tels que Bergamasco ou David Skréla de se confronter bien avant l’équipe nationale. Depuis ce jour, Antoine Bertoldo, actuel sociétaire du TUC et ancien responsable de la commission sportive du comité Midi-Pyrénées est un des relais privilégiés entre nos deux comités puisqu’il est d’origine italienne et permet de faciliter ces échanges. Quel est l'objectif de cette semaine ? Notre objectif est de continuer notre détection de joueurs afin d’être en mesure de hiérarchiser les 26 joueurs à potentiel et d’identifier pour chacun d’eux leurs points forts et leurs points faibles. La suite logique étant une étroite collaboration avec les entraîneurs de clubs pour que ces joueurs bénéficient d’entraînements adaptés aux ressources qu'ils ont besoin de développer. L’autre objectif est de préparer l’avenir. Le plus proche étant le quart de finale du 4 mars qui nous opposera au Béarn et le top 100 du mois de juin ou nous souhaitons que le maximum de nos joueurs évoluent. D’un point de vue relationnel, il est indéniable que de ce groupe, à l’issue d’une semaine riche en émotions, naîtra une équipe, celle qui devrait porter encore quelques temps le maillot du comité Midi-Pyrénées. D’un point de vue personnel, étant issu d’un petit club des Landes, Hagetmau, et ayant été baigné dès mon plus jeune âge dans la vie d’un club de village entouré par mon grand père qui fut entraîneur et par mon père qui dirigea l’équipe première à l’époque de l’Elite à 80 club, j’ai été toujours très sensible aux valeurs d’amitiés, de partage et de solidarité qui sont les bases d’une bonne cohésion de groupe. C’est ce à quoi je voudrais que nos jeunes joueurs adhèrent pour qu’ils retrouvent au sein de la sélection régionale une identité d’équipe de club. Enfin, d’un point de vue strictement culturel, ils est très important pour nous de valoriser les échanges transfrontaliers avec nos homologues Italiens. D’une part pour ouvrir l’esprit de nos jeunes, citoyens du monde, et d’autre part pour leur faire découvrir la cité lacustre de Venise, véritable joyaux d’architecture, chargée d’histoire, port de départ des grands navigateurs du temps jadis afin qu’ils s’imprègnent aussi de cette atmosphère si particulière que j’ai moi-même hâte de retrouver. Quel va être le contenu rugbystique pour le groupe ? Les joueurs vont s’entraîner plusieurs fois par jour. Au programme de toutes les journées il y a bien entendu des séances d’entraînements, certaines seront d’ailleurs en commun avec les joueurs italiens, deux rencontres officielles, des moments de partage sur le projet de jeu et les retours sur les séquences vidéo. Enfin des entretiens individuels entre les membres de l’équipe technique et les joueurs. En somme, un petit aperçu de ce que pourrait être la semaine d’un joueur de rugby professionnel. Le tout agrémenté de travaux de groupes sur la règle et de périodes indispensables de soins et de récupération. On peut imaginer que tu attends en retour un comportement de qualité de ces jeunes lors des prochaines échéances du groupe ? Effectivement, dans la mesure ou ce sera l’occasion rêvée de travailler sur le projet d’équipe, nous espérons que le fruit de ces efforts consentis tant bien par les joueurs que par l’encadrement se traduira par une bonne performance collective, contre les italiens dans un premier temps et bien sur face au Béarn à l’occasion du quart de finale. "Notre volonté, avant même de faire d’eux de grands joueurs, est d’aider à faire d'eux de grands hommes, respectueux, travailleurs et heureux de vivre notre passion pour le rugby"
Les Taddéi moins de 16 ans (ici à Brive) partiront dimanche prochain en Vénétie sous la houlette de Laurent Violle pour vivre cinq jours de stage et continuer leur aventure (photo cmp)
Quel est le profil de ton groupe ?
Je dirais qu’il est plutôt homogène. Il ressemble étrangement à celui de la génération Doussain. A cette époque il n’y avait pas de fortes individualités mais plutôt un groupe stable et très collectif. C’est assez caractéristique cette saison, mis à part une forte individualité, les joueurs sont assez proches en terme de potentialités. L’inquiétude qui est la mienne vient du fait que j’ai le sentiment de ne pas avoir pu ouvrir suffisamment ce groupe pendant la première phase. A l’issue du tournoi Olivier Lagarde de Foix, seuls une quarantaine de jeunes ont été détectés. A titre d'exemple, il y a en avait plus du double l’an passé. Ce pourrait être une « petite génération » en terme de potentiel, même si les jeunes évoluent fortement à cet âge, les titulaires d’aujourd’hui ne seront certainement pas ceux de demain et vice versa. Enfin, je constate que les joueurs ont déjà pour la plupart rejoint les clubs qui évoluent en Gaudermen, là où les années précédentes plus d’un tiers de l’équipe évoluait au plan territorial. C’est dire l’évolution marquée en terme de recrutement, d’une part coté club et de convoitise de ce que l’on pourrait appeler le haut niveau d’autre part concernant les joueurs. Nous parlions des échéances futures, mais où se situe ta mission entre formation et résultat immédiat lié à cette compétition Taddéi ? Tout d’abord mon rôle est d’être l’un des garants de l’état d’esprit de notre comité, résolument porté vers le jeu de mouvement afin que les joueurs qui portent ce maillot, à forte identité dans le monde de l’ovalie, ne galvaudent pas les efforts qui sont entrepris par toutes les personnes qui font que le comité Midi-Pyrénées a la renommée qu’on lui connait. Parmi ces personnes je pense bien évidement aux éducateurs des clubs qui œuvrent au quotidien pour faire évoluer les jeunes dans les meilleures conditions. L’autre facette qui me semble fondamentale est de rappeler sans cesse à ces jeunes joueurs que la route du haut niveau est sinueuse et pleine d’embuches. Dure est la réalité. Le très haut niveau n’est réservé qu’à une poignée de privilégiés, il ne faut donc pas oublier que notre volonté, avant même de faire d’eux de grands joueurs, est d’aider à faire d'eux de grands hommes, respectueux, travailleurs et heureux de vivre notre passion pour le rugby. Le résultat sportif ne doit pas se faire au détriment du reste, il devra en être la suite logique. A condition que tous, joueurs, entraîneurs et dirigeants, donnions le meilleurs de nous-même. Ce pour quoi je n’ai aucune inquiétude et je sais que s’il n’est pas au rendez vous demain, il le sera dans l’avenir. Propos recueillis par M. L Jeudi 16 Février 2012
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