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Jeunes - Avec "Rebonds !", MONTAUDRAN met le rugby au service de l'insertion et de la mixitéL’Association Sportive Club de Montaudran (ASCM) propose un accueil familial, convivial et reste fortement attachée aux valeurs du rugby : l’acceptation de l’autre, le respect ainsi que la mixité sociale. Des valeurs chères à l’association "Rebonds !" qui utilise le rugby comme outil d’éducation, d’insertion sociale et professionnelle auprès de publics en difficulté. Rugby31 a donc donné la parole au club de Montaudran, à Georges Poli, président d’honneur et David Journon, éducateur des jeunes dans un club pour qui la particularité est de ne pas posséder d'équipe fanion.
Manon André (éducatrice Rebonds !) et David Journon, éducateur des moins de 15 ans : deux atouts de taille pour aider le club à grandir. Photo DR.
Comment avez-vous connu "Rebonds !" ?
George POLI : Cela fait de nombreuses années que l’on est associés. Je pense que cela doit être la cinquième année. Tous les ans, on accueille des jeunes avec grand plaisir, on leur fait essayer et on voit si ça leur plait. Si c’est le cas, on essaie de les faire progresser. Ils arrivent souvent avec leurs soucis et il faut qu’ils aient envie sinon, cela ne peut marcher. Cela doit venir d’eux. Pour que notre collaboration fonctionne, il faut que ce soit du donnant-donnant. David JOURNON : J’ai connu l’association quand j’ai passé un brevet d’état de rugby avec le Stade Toulousain. On se rencontre souvent sur des manifestations, lors d’événements consacrés à la pratique du rugby. On se croise plus ou moins, puis également grâce à des relations que j’ai dans cette association notamment à travers des salariés. Pour quelles raisons avez-vous accueilli des jeunes de l’association "Rebonds !" au sein de votre club ? G. P. : Les jeunes qui viennent ont envie de jouer au rugby et sont dans des conditions difficiles. On les accueille donc avec plaisir pour les mettre dans nos groupes, du moment qu’ils en ont la véritable envie. La mixité sociale et humaine de notre club est à l’image de "Rebonds !" puisque l’on a des jeunes garçons et des jeunes filles issus de toutes les catégories socio-professionnelles et tout le monde se retrouve sur le terrain sans souci. Et puis, c’est l’occasion pour nous de donner un coup de main à une association toulousaine qui aide les jeunes en difficultés. Etes-vous à la recherche de licenciés ? G. P. : Non, on ne peut pas, on refuse trop de personnes. A Toulouse, il y a vraiment une pénurie de clubs pouvant accueillir nos jeunes. Surtout au niveau du quartier de l’Hers, tous les clubs sont pleins, notamment le TUC et Balma. Et cette année, c’est la première fois où l'on a 200 enfants, avec deux équipes par catégorie. On a crée pour nos minimes deuxième année qui ne trouvaient pas de club, une équipe de cadets. En effet, jusqu'à l’an dernier, ils avaient la possibilité d’intégrer en cadets les clubs de Balma ou du TUC. Mais cette année, ils ne peuvent les accueillir car il y a trop de demandes. Les parents se sont tournés vers nous pour demander de créer une équipe de cadets afin que leurs enfants puissent continuer à jouer. D. J. : On refuse d’ailleurs cette année près de 70 jeunes pour l’ensemble des catégories. G. P. : Les jeunes que l’on a refusés se sont du coup pour la plupart tournés vers le XIII ou l’UNSS. Tous les clubs sont dans cette situation, non pas par manque d’éducateurs mais surtout par manque d’équipements. Il faudrait d’autres écoles de rugby comme nous pour répondre à la demande. Quelles sont les caractéristiques générales de votre école de rugby ? G. P. : Un des gros points noirs de notre club est que l’on est une association de rugby et on joue sur un terrain de foot depuis nos débuts. Du terrain de Montaudran, puis celui d’Air France, nous avons eu la chance que la mairie nous mette à disposition un terrain magnifique que l’on espère conserver, même s’il est de foot (sourire). On est un peu limités en matière d’équipements mais on s’adapte. On joue le mercredi, quelques vendredis et le samedi pour les tournois. Mais on ne se plaint pas, le terrain sur lequel on joue aujourd’hui nous convient. Notre club est 100% bénévole. Tous les éducateurs sont des parents de joueurs ou anciens parents de joueurs. Le recrutement se fait au bord du terrain. C’est un club de rugby de quartier qui souhaite juste transmettre l’amour du rugby aux enfants. Notre politique de club est de ne jamais refuser une fille. Notre école en accueille aujourd’hui cinq dont trois issues de l’association "Rebonds !". Si elles font l’effort de venir sur un terrain, et qu’elles acceptent ces conditions, on ne doit pas refuser ces petites. Autant qu’elles découvrent le jeu et qu’elles comprennent comment il est articulé. "Ce club est familial, l’ambiance est conviviale"
Qu’elles sont les axes prioritaires de développement de votre club ?
G. P. : Notre but est de pérenniser les équipements pour que le club devienne de plus en plus structuré. On espère vraiment que la mairie va nous prendre en compte dans la répartition des créneaux et des terrains car nos jeunes et notre club le méritent. La chance que l’on a, c’est que l’on a pu mettre en place un club familial, tourné vers le jeu et la découverte mais également de ne pas avoir d’équipe fanion. Du coup, on a une gestion libre de notre budget. Tous nos projets sont financés par nos deniers propres. Le financement provient des licences, du mécénat et de l’aide des parents. En général, les entreprises des parents financent un jeu de maillot, prennent en charge les goûters ou les déplacements. Le projet du voyage en Irlande avec une tournée rugby permet de motiver nos jeunes lors de leur dernière année de minimes et réunit toutes les catégories. Elles sont toutes mises à disposition pour vendre des tickets tombolas. Cela donne vraiment un bon souvenir à nos jeunes. Ce projet est entièrement financé par notre club mais cela devient de plus en plus difficile de le réaliser à cause des coûts élevés. Pourquoi êtes-vous devenu éducateur dans ce club ? Pourquoi n’êtes vous pas resté au Stade Toulousain ? D. J. : La formation d’état d’éducateur nous oblige à entraîner des jeunes durant un an. Et Montaudran manquait d’éducateurs comme la majorité des écoles de rugby de Haute-Garonne. J’ai commencé à former les moins de 9 ans et je suis resté. Ce club est familial, l’ambiance est conviviale. Il est en pleine structuration et on essaye de le faire évoluer. Il y a beaucoup de projets dans ce club et c’est ce qui m’a plu. C’est important pour moi de suivre des jeunes, dans toutes les catégories ainsi que d’être un maillon de l’évolution. D’où viennent les jeunes du club ? D. J. : Ils viennent majoritairement du quartier de Montaudran, de d’autres clubs qui sont saturés et de clubs où les jeunes ne s’amusent plus car trop nombreux. Certains n’ont pas assez de temps de jeu ou une formation inadaptée à leur niveau. L’école de rugby de Montaudran est la seule encore capable de les accueillir aujourd’hui dans ce cadre-là. D’où l’intérêt d’accueillir un jeune de "Rebonds !" ? D. J. : Pour expliquer ce qu’apporte l’association "Rebonds !", il faut bien prendre conscience que la majorité des jeunes se connaissent, car issus du même quartier. Ils vont ensembles au même collège et ont des liens de parenté pour certains. Cet apport de l’extérieur est bénéfique pour le club et pour les jeunes, au niveau de l’acceptation de l’autre. Ce jeune, on ne le connaît pas, on l’accueille. Il fait partie de l’équipe. On doit l’intégrer dans le groupe pour qu’il se sente bien dans le club, et l’équipe. Pour nous, il est hors de question de mettre un enfant à l’écart parce que l’on ne le connaît pas. Cela ne fait pas partie du rugby ni de notre état d’esprit. Sans distinction, puisque vous accueillez aussi des jeunes filles de "Rebonds !" au niveau du club... D. J. : En effet, le rugby féminin existe donc il faut leur ouvrir les portes au niveau de l’école de rugby. On a du mal, nous les garçons, à se structurer au niveau de l’école de rugby, donc pour les filles, c’est encore plus compliqué. L’école de rugby au féminin est aujourd’hui impossible, donc on se doit de les accueillir. En plus, c'est bénéfique car elles commencent plus tôt le rugby. Et cela permet aussi aux garçons d’accepter la fille sur un terrain et dans la vie en général. Elle est présente au milieu de dix garçons, il faut l’accueillir, la protéger, l’encadrer. Les filles ont un caractère particulier (sourire). Elles deviennent plus fortes que les garçons notamment à la croissance. C’est très positif pour les jeunes qui se croient supérieurs aux autres et aux filles notamment car ça leur apprend à relativiser et garder les pieds sur terre. En plus, elles se régalent aussi donc c’est très positif. Carte d'identité du club
Nom : ASC Montaudran
Date de création : 1982 au sein de l’association sportive culturelle de Montaudran. Le club comptait au départ 30 joueurs et atteint aujourd’hui 200 licenciés, réparties en douze équipes (deux par catégories). Entraînements (mercredi) : - Moins de 7 ans : 14 heures - 15h30 - Moins de 9 ans : 14 heures - 16 heures - Moins de 11 ans et moins de 13 ans : 14 heures - 16h30 - Moins de 15 ans : 16h30 - 19 heures - Moins de 17 ans : 18h30 - 20h30 Lieu : Struxiano à Lespinet. Site internet : www.montaudran-rugby.com Mercredi 30 Novembre 2011
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