Pros

Jean-Baptiste ELISSALDE : "Pourquoi j'ai préféré le rugby au foot..." ("L'entretien du samedi", Stade Toulousain, rugby)


Le demi de mêlée ou d'ouverture du Stade Toulousain est certainement, parmi tous les joueurs du Top 14, l'un des meilleurs footballeurs. Sélectionné départemental du côté de la Rochelle lorsqu'il était minime, il aurait assurément eu un avenir dans le football si le rugby du paternel ne l'avait pas happé vers la carrière que l'on connaît. (par T.B.)



La tête levée, le buste droit... Avant d'opter pour l'ovale, Elissalde avait une belle carrière de footeux devant lui.
La tête levée, le buste droit... Avant d'opter pour l'ovale, Elissalde avait une belle carrière de footeux devant lui.
Jean-Baptiste, on sait que vous avez déjà joué au football, à quel âge et à quel poste exactement ?
J'ai joué jeune, jusqu'à 16 ans dans un petit club près de La Rochelle. Encore aujourd'hui j'ai davantage le profil d'un footeux que d'un rugybman. Gamin, j'étais tellement petit que j'ai longtemps hésité à me lancer vraiment dans le rugby. Je trafiquais à droite à gauche en faisant du foot et du tennis. Au foot, je jouais milieu de terrain, sur le côté droit, et j'avais quelques qualités puisque j'ai souvenir d'avoir été sélectionné au niveau départemental.

Quel joueur étiez-vous ?
Je faisais beaucoup de fautes et je prenais beaucoup de cartons jaunes parce que, dans l'esprit rugby, je ne supportais pas de me faire passer. Je jouais beaucoup avec les bras.

Quel profil de joueurs de football seriez-vous devenus ?
Je m'imagine au milieu, dans un rôle de récupérateur style Deschamps ou Makélélé. Il faut laisser le soin aux magiciens de créer du jeu. Attention, ça ne m'empêcherait pas d'être dans tous les bons coups !

Pourquoi avez-vous finalement choisi la balle ovale ?
Parce que lorsque je me suis tourné vers le rugby, j'ai beaucoup apprécié l'ambiance qu'il y avait dans le groupe. Au foot, on partait en voitures individuelles pour les déplacements, au rugby on prenait le bus. Cette ambiance conviviale que je recherchais, je l'ai trouvée au rugby. Mais si elle avait été au foot, j'y serais resté. J'avais quelques aptitudes mais je doute être parvenu jusqu'en équipe de France !


"Pour moi, c'est la grosse énigme du foot. Comment un club de CFA peut-il battre un club de L1 ?"

Etes-vous resté un supporter de football ?
Pas un supporter, un observateur plutôt. Quand je regarde un match, je m'attache surtout à décortiquer le style de jeu des équipes, le placement des défenseurs, la position du bloc équipe etc. Et peu importe qu'il s'agisse d'un match de Série A, de Liga, de Premier League ou de Ligue 1. Ce qui m'intéresse c'est avant tout l'opposition de deux équipes, de deux collectifs. Je ne suis supporteur de personne, je n'ai pas d'équipe favorite. Je regarde le foot comme je peux regarder le tennis pendant Roland Garros.

Quelles sont les équipes qui vous enthousiasment en ce moment ?
Comme tout le monde, je pense, c'est Barcelone. Les équipes qui me plaisent sont souvent celles qui gagnent (rires) ! Chelsea, Manchester, Liverpool... Bordeaux, en France, me semble avoir un jeu fluide, avec peu de touches de balle et des séquences en triangle un peu partout sur le terrain. J'aime le jeu à la nantaise quand les joueurs n'hésitent pas à tenter des choses collectives même s'ils sont près de leur but. J'aimais aussi beaucoup l'Auxerre de Guy Roux, avec les Laslandes, Cocard, Vahirua, Diomède... C'était mon adolescence et pour faire chier mes potes, qui eux étaient pour l'OM ou le PSG, je supportais Auxerre.

Et le TFC dans tout ça ?
J'avais pas mal d'affinités avec les anciens comme Arribagé, Dieuze, Giresse, Douchez, avec qui je jouais parfois au golf. Aujourd'hui, je ne connais plus grand monde. Je ne manque pas l'occasion de les féliciter parce que, ce qu'ils ont fait cette saison, c'est fort ! Mais je me demanderais toujours comment on peut passer d'une saison sur l'autre d'une lutte pour le maintien à une place pour la Ligue des Champions. Pour moi, c'est la grosse énigme du foot. Comment un club de CFA peut-il battre un club de L1 ?

La hiérarchie est beaucoup plus établie en rugby !
Oui, parce que la dimension physique y est plus importante, parce que lorsque vous êtes plus costaud et puissants, vous finissez toujours par avoir le dernier mot. En foot, d'autres éléments interviennent qui donnent à une opposition plus d'incertitudes.

Vous avez répondu à l'appel de Jimmy Algérino en juin dernier pour défendre la cause de Gol de Letra, est-ce que vous êtes un habitué des causes de ce genre ?
Non, pas vraiment. Je suis parrain de l'association Dominique, pour les enfants handicapés car cela me touche de près, mais à part ça je ne veux pas m'éparpiller. Quand je réponds présent, c'est pour être à fond dans le truc et disponible à 100%, ce que je ne pourrais pas faire en disant oui à tout le monde.

Propos recueillis par T.B.

JEAN BAPTISTE ELISSALDE
Né le 23 novembre 1977 à La Rochelle
1m72 - 73 kg
Poste : demi de mêlée ou... d'ouverture
Parcours : La Rochelle (1997-2002), Stade Toulousain (depuis 2002).
International, 35 sélections.
Palmarès : champion de France en 2008, vainqueur de la coupe d'Europe en 2003 et 2005, un Grand Chelem en 2004.

Jean-Baptiste ELISSALDE : "Pourquoi j'ai préféré le rugby au foot..." ("L'entretien du samedi", Stade Toulousain, rugby)
Cette interview est parue dans le mensuel Le Foot Toulouse en septembre 2009.

Lundi 5 Avril 2010

Nouveau commentaire :


Les derniers articles de la même rubrique

En direct de Nouvelle-Zélande - L'oeil de Joël JUTGE

MT - 16/09/2011

Arbitrage - Romain POITE : "Profiter un maximum de ce Mondial"

XIII - 06/09/2011

7ème nuit du rugby : le palmarès sur notre 31 ! (Top 14, rugby)

MT - 09/10/2010

Jean-Baptiste ELISSALDE : "Certainement difficile sur le plan affectif..." (Stade Toulousain, Midi Pyrénées, rugby)

XIII - 10/06/2010

Yoann MAESTRI : "Je n'imaginais pas une telle fête..." (Stade Toulousain, Top 14, H Cup, rugby)

XIII - 31/05/2010