Et aussi...

Hugues HENRY se met au service des clubs ! ("L'entretien du dimanche", Midi-Pyrénées, rugby)


Son parcours est celui d'un passionné de sport avant tout. D'un amoureux du rugby qui s'est offert une escapade de sept saisons dans le milieu du football. D'Agen au TFC, le directeur général de deux des plus prestigieux clubs professionnels du Sud Ouest a pu apprécier la différence d'impact et de valeurs entre deux mondes de plus en plus médiatisés. C'est pourtant dans l'anonymat du sport amateur, dont il veut aider le développement, qu'il a choisi de donner une nouvelle orientation à sa carrière. Depuis son départ du TFC, c'est un peu comme s'il revivait... (par Johan Cruyff)



Hugues Henry... et le TFC

A 50 ans, l'ancien rugbyman a décidé de donner une autre orientation à sa carrière.
A 50 ans, l'ancien rugbyman a décidé de donner une autre orientation à sa carrière.
Monsieur Henry, beaucoup ont été surpris de vous voir quitter le TFC alors que vous étiez à l'origine de son retour au plus haut niveau !
Je suis arrivé au TFC en juillet 2001 juste après le dépôt de bilan du club et, pendant sept ans, ce fut une vraie passion qui a occupé mes jours comme mes nuits. On est parti de rien et on a construit, assez vite, ce TFC là, un club qui nous ressemblait, avec certaines valeurs. Mais ma dernière année a été compliquée notamment dans les rapports humains. Je ne m'y retrouvais plus. Le quotidien était devenu pénible. Je ne retrouvais pas ce que nous avions construit, ce club où tout le monde tirait dans le même sens, avait les mêmes objectifs.

Avec qui aviez-vous des problèmes relationnels ?
Pour appeler un chat un chat, tout se passait bien avec le président, Olivier Sadran, avec qui j'entretiens encore d'excellentes relations. Quant aux joueurs, ils sont aussi dépendants de l'ambiance qu'on veut bien leur proposer donc le problème ne se situait pas à leur niveau.

"Les relations que nous avons eues avec lui (Baup) n'étaient pas intéressantes."

Il ne reste donc que l'entraîneur, Elie Baup à cette époque !
Les relations que nous avons eues avec lui n'étaient pas intéressantes. Je respecte énormément son parcours et les résultats qu'il a pu avoir, à Toulouse ou ailleurs, mais quand je ne suis pas dans le truc, je préfère partir. Nous étions parvenus alors à un mode de fonctionnement qui était aux antipodes de ce que nous avions bâti avec Olivier Sadran. Avec Eric Mombaerts c'était intellectuellement très intéressant. On pouvait ne pas être d'accord avec lui, avec ses principes de jeu ou autres, mais nous avions tous le même objectif. Ce n'était pas le cas la dernière année. Les résultats ne font pas tout et l'image qui est renvoyée à l'extérieur est parfois très différente de la réalité interne.

Elie Baup avait quand même qualifié l'équipe pour la Ligue des Champions !
Oui, et pour un temps, mais pour un temps seulement, cette qualification a gommé certains dysfonctionnements internes et la dégradation des relations humaines. Mais c'est dans la difficulté qu'on voit les hommes et leur véritable valeur. Je suis satisfait de constater que, depuis, Olivier (Sadran) a réussi à revenir à l'esprit originel de notre projet avec la nomination d'Alain Casanova. Le climat est redevenu ce qu'il était... ce qui n'empêche pas pour autant les personnalités de s'exprimer.

Pendant cette fameuse saison où le TFC a failli descendre, où vous êtes parti, avez-vous eu peur pour l'avenir du club ?
Je pense qu'Olivier aurait pu exploser en vol. Mais avec la gnaque qui le caractérise il a su remettre le club sur les bons rails.

Hugues Henry... entre East Rugby et Sport Consulting Développement

Au TFC, au contact d'Olivier Sadran, Hugues Henry a fini par lâcher prise...
Au TFC, au contact d'Olivier Sadran, Hugues Henry a fini par lâcher prise...
Deux ans après votre départ du TFC, que faites-vous aujourd'hui ?
J'ai une double activité qui me fait intervenir à mi-chemin entre le sport, les sportifs professionnels et les professionnels du sport. La suite logique d'un parcours qui, depuis douze ans, m'a transformé en pro du sport. Je suis d'abord resté cinq ans directeur général du SU Agen rugby, puis sept ans directeur général du TFC. En parallèle, je n'ai jamais cessé mes interventions dans le cadre du Mastère de l'ESC (Ecole Supérieure de Commerce) de Toulouse, de l'IAE (Institut d'Administration des Entreprises) et de l'ESARC dans le domaine du marketing sportif. Je poursuis également une autre activité, plus marginale, avec mes fils et quelques amis, de structuration des clubs de rugby de l'est de l'Europe (EastRugby où seul le plaisir me guide. Enfin, ma société Sport Consulting Développement a aujourd'hui pris le pas sur toutes mes autres activités. Il s'agit de conseil (formation, gestion de projets...) dans le domaine du sport au niveau des fédérations, des ligues, des districts, des clubs tous sports confondus.

"Diriger un club est devenu aujourd'hui une gageure"

On se trompe si on vous dit qu'entre l'esprit rugby et l'esprit foot, vous préférez le premier ?
J'aime bien l'esprit du foot amateur, ceux qui le font vivre, que je côtoie à travers nos modules de formation pour les bénévoles et les dirigeants. J'ai d'excellents rapports avec le milieu du foot dans tout le grand sud et un plaisir rare à fréquenter les hommes du terrain. Il ne faut pas globaliser et réduire le football eux excès du haut niveau, à savoir la violence, l'égoïsme, l'opportunisme... Tout ça, ce n'est pas le foot tel que je le vis au quotidien sur le terrain, et qui se rapproche quand même beaucoup de ce que je connais du rugby. Mais il est évident que ce sont ces débordements et ces comportements déviants qui m'ont fait fuir.

Vous êtes donc au contact du foot et du rugby amateur, bien placé pour comparer les deux !
La demande est équivalente. En Midi-Pyrénées, il y a 10 000 associations sportives et 740 000 licenciés et pour tous ces sports, le quotidien des clubs est très difficile. Diriger un club est devenu aujourd'hui une gageure car il est compliqué de trouver des dirigeants, des bénévoles, des ressources. A travers nos interventions, gratuites, nous essayons d'apporter quelques réponses. Grâce à nos partenaires, nous avons créé un modèle économique qui permet aux associations, qui n'ont pas les moyens de se payer des formations, de se former quand même. Nous n'imposons rien, nous invitons seulement les acteurs du sport amateur à participer à des sessions de formation.

Propos recueillis par Johan Cruyff

Hugues HENRY se met au service des clubs ! ("L'entretien du dimanche", Midi-Pyrénées, rugby)
HUGUES HENRY
55 ans
Parcours :
Joueur de rugby : Mazamet, Stade Français, Plaisir et La Teste
Dirigeant : SU Agen, directeur général (1996-2001), TFC, directeur général (2001-2008).
Aujourd'hui, il dirige Sport Consulting Développement et l'association Eastrugby.

Dimanche 2 Mai 2010