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Honneur - Lionel FOURNIER (Saint-Orens) : "La solidarité et la générosité du club m'ont touché"La passion ovale peut parfois être destructrice, surtout quand on n'a pas la chance de vivre de celle-ci. C'est malheureusement ce qui est arrivé il y a dix jours à Beaumont à Lionel Fournier, le capitaine saint-orennais, sur une action anodine qui risque bien de changer sa vie. Grièvement blessé au péroné et à la cheville, opéré en urgence le soir même, ce père de famille voit aujourd'hui sa vie professionnelle mise en péril. Artisan plaquiste, il est contraint, par la force des choses, de mettre son activité en sommeil pour de longs mois. Une situation qui a généré un incroyable élan de générosité au sein du club, qui ne s'est pas contenté du soutien moral qui qualifie si bien notre sport. S'apprêtant à vivre l'un des moments les plus difficiles de son existence et apprenant également qu'il ne pourra jamais plus refouler une pelouse, Lionel fait front, avec dignité et sans s'apitoyer sur son sort. Au contraire, il garde plus que jamais un esprit "club" et préfère croire en la réussite de ses hommes dans la quête d'une place qualificative. Incontestablement la signature d'un grand Monsieur. (par XIII)
Lionel, avant toute chose, comment allez-vous ?
Cela va beaucoup mieux. On va dire que le plus difficile a été d’apprendre que je ne pourrai plus rejouer. Moralement, c’est dur. C’est une blessure qui se soigne difficilement, d’autant plus quand on a 33 ans. Il faut maintenant attendre que cela cicatrise bien, sans infection, car c’était tout de même une fracture ouverte du péroné avec le cartilage de la malléole arraché. Le chirurgien m’a un peu inquiété par rapport à mon rétablissement en émettant des réserves. Car même si je récupère la totalité des mouvements, il n’est pas impossible que la douleur soit toujours présente avec des risques d’arthrose. Comment s'est déroulée l'action ? C’est vraiment un concours de plusieurs circonstances. Je suis resté bloqué dans la boue sur un appui et j’ai été plaqué au même moment aux chevilles. On suppose que votre vie professionnelle va être impactée... Je suis artisan plaquiste à mon compte donc c’est un énorme coup dur. Je vais mettre mon affaire en sommeil et avec six à huit mois d’arrêt de travail, je risque gros. J’ai juste à patienter et quand je pourrai bosser à nouveau, je m’y remettrai. Je n’ai pas pris d’assurance complémentaire et c’est un tord de ma part. J’ai tout de même de quoi voir venir un petit peu. Mais ce qui ma vraiment touché, c’est que tout le monde au club se soit mobilisé pour recueillir au final 3600€. Ce geste de solidarité et de générosité témoigne réellement des vraies valeurs du rugby, c’est magique. Comment vivez-vous la situation ? Avant cet accident, je me plaignais toujours de n’avoir le temps de rien faire. Aujourd’hui, j’ai le temps mais je ne peux toujours rien faire (rires) ! C’est une horreur de rester chez moi. Maintenant, j’ai été tellement bien entouré, avec plein des messages de soutien, que je la vis relativement bien même si cela va me causer un préjudice financier et entraîner un modification de mon rythme de vie. Finalement, c’est d’arrêter le rugby et de ne plus jamais pouvoir refouler une pelouse qui me met le plus au fond du seau. J’étais bien, j’avais tout pour moi, j’étais capitaine, je jouais avec des mecs supers que j’aimais. Je suis un compétiteur et là, je vais avoir le sentiment d’être impuissant, de les abandonner. Pensez-vous à une éventuelle reconversion au sein du club ? Il est encore trop tôt pour penser à une reconversion. Maintenant, il est vrai que ce club cher à mon cœur m’a tellement apporté que je ne pourrai pas rester sans rien faire, pour lui rendre la monnaie. "Qu'ils pensent à eux..."
Sportivement, Saint-Orens vient de battre difficilement Lauzerte (11-5) et se déplace à Moissac, le second. Comment envisagez-vous la suite alors que vous courez après la qualification ?
La réception de Lauzerte était un match placé sous le signe de la descente. Si on perdait, ils recollaient donc cela a forcément bridé le jeu. Maintenant, je ne retiens qu’une chose de ce match : l’essai inscrit collectivement, à quinze, avants et trois-quarts compris. Une réalisation véritablement à l’image du club. Désormais, le maintien est acquis et on va pouvoir regarder plus haut. On n’est pas à notre place et on va aller à Moissac pour gagner, pas pour faire de la figuration. Et l’on en est capables. On fait une saison plus constante que les précédentes avec un meilleur départ sauf que la poule est plus relevée donc cela se voit moins au niveau du classement. L’objectif en début de saison était le maintien mais le club est ambitieux et possède en son sein des compétiteurs. Donc on vise toujours la qualification. Je n’ai jamais joué pour rester à un niveau et quand on attaque une saison, on a toujours la prétention de se qualifier. Même avec huit points de retard à cinq journées de la fin, la qualification est donc toujours jouable ? On est plein de ressources et j’ai confiance en mes coéquipiers. On a été capables d’aller gagner à Sor Agout (14-11), qui pour moi est la meilleure équipe de la poule donc c’est bien le signe qu’on est capables du meilleur comme du pire. Honnêtement, la qualification est un objectif réalisable. Revel et la Saudrune n’ont pas une fin de calendrier facile, surtout pour Revel qui reçoit les trois premiers. Quant à nous, je pense qu’on jouera notre seizième de finale à la Saudrune lors de l’avant-dernière journée. Ce n’est pas un club qui nous réussit, avec trois défaites en autant de matchs depuis l’an dernier donc on sera encore plus revanchards, surtout avec une place qualificative en jeu. Cela va mettre encore un peu plus de piquant. Cependant, il ne faut pas tirer de plan sur la comète mais Auterive est en train de s’effondrer et Saint-Jory-Bruguières n’a pas gagné un match. On ne prendra aucun match à la légère mais le groupe est en mesure de battre ces adversaires. Votre blessure sera-t-elle un facteur de motivation supplémentaire ? Je ne pense pas que les joueurs ont besoin de ma blessure pour se motiver. D’ailleurs, je ne l’espère pas. Il faut avant tout qu’ils pensent à eux. En revanche, ce qui est sûr, c’est que je serai là tous les dimanches pour les faire ch… Propos recueillis par XIII
Ses coéquipiers ne pourraient pas lui faire plus beau cadeau que de se qualifier. Et il y croit ! Photo Saint-O XV
Mardi 31 Janvier 2012
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