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3eme mi-temps
GRENADE fête ses 90 ans ! (Midi-Pyrénées, rugby)Federico Fellini, Boris Vian, Jean-Paul II, Jean Carmet ou encore Juan Antonio Samaranch sont, comme le Grenade Sports, nés en 1920. Heureusement, le GS est lui encore de ce monde et semble plutôt alerte pour un nonagénaire. Ce samedi, une journée durant, il le montrera. Et pas que la journée... (par Mi Temps, 3ème du nom)
Nicolas Durand, capitaine du GS et véritable garant de l'identité d'un club qui fêtera ce samedi ses 90 ans et ses valeurs encrées.
Des jambes de 20 ans, un enthousiasme d'enfant
Je n'ai jamais eu 90 ans. Difficile donc d'en faire des lignes sur la façon de vivre à cet age là. Faut-il se laisser vivre en regardant la télé, en écoutant la pendule qui ronronne au salon ? Faut-il faire de l'exercice en bougeant quelque peu son corps, en assurant une forme de gymnastique de l'esprit ? Je ne sais pas répondre à ces questions et quoiqu'il en soit, il doit exister autant de réponses que de cas différents. Je connais mieux le centre de tous nos intérêts aujourd'hui : notre club. Je suis trop jeune pour l'avoir vu grandir et même trop jeune pour l'avoir vu à son âge adulte. Pourtant, quand je le vois évoluer aujourd'hui, je me dis que 90 ans, c'est jeune. Quand je le vois le mardi ou le samedi faire grandir ces gamins avec les valeurs du rugby comme leitmotivs, quand il propose à ses éducateurs de vivre de vraies émotions par et avec ces apprentis rugbymen, je me dis qu'il est encore vif et souple pour autoriser autant de vie en son sein. Quand je le vois le mercredi et le samedi avec ses cadets et juniors aider à la croissance de ces jeunes qui se cherchent parfois, en quête de repères pour certains et que lui arrive encore à fédérer, à donner en partie une forme d'éducation, mais aussi une certaine identité, un certain cadre aussi à ces mouflets... Quand je le vois encore susciter la passion des équipiers seniors et de ces dirigeants émérites qui donnent sans compter de leurs temps, certains de leur argent, je ne peux qu'être respectueux et admiratif de ce sage encore capable, à son âge, de faire vibrer autant de monde.
Des joueurs, des Hommes
Alors ce samedi, sur Jean-Marie Fages, ce terrain qui aura été le témoin durant des décennies, de quelques défaites et d'un nombre exponentiel de victoires "jaune et noire", des générations et des générations de descendants du club vont se croiser sur et autour du terrain; surement plus autour que sur d'ailleurs.. Mieux, ils vont se souvenir. Parce qu'une des particularités de ce sport et bien sûr aussi à Grenade, c'est le club. C'est lui qui fédère les volontés car il est l'antre même des plus belles rencontres. De celles qui forgent des amitiés fortes, durables et sincères qui dépassent le simple temps de jeu, le simple cadre du terrain. Les mecs qui, ensemble ont défendu les couleurs du club dans ce sport de contact et d'évitement, pour le coup, ne peuvent éviter d'y laisser une partie d'eux-même. Mais pas seulement une partie des joueurs qu'ils étaient, bien plus encore : une partie des Hommes qu'ils sont devenus. La relation forte qu'imposait le fait d'être acteur dans ce club différent, participatif, leur a imposé tout naturellement un investissement, une implication dépassant parfois l'entendement. Mais c'est ça qui est bon.
Ceux de 1947 ont surement dû aller faire un tour à la mine, cette petite salle sans aération en bas du commerce...
Se souvenir des belles choses. Les faire partager. En construire d’autres encore...
Se souvenir des belles choses. Les faire partager. En construire d’autres encore. En relisant ces propos, je me dis que certains vont penser que j'en fais trop et qu'on est là plus dans la formule, dans le superficiel. Qu'importe, j'ai eu la chance d'être, petit, nourri par cette entité et les Hommes qui la façonnaient. J'ai eu le privilège de croiser de vraies gens avec lesquels j'ai partagé trois ou quatre placages, cinq ou six passes de ces wallabys de ballons, et avec lesquels, depuis, on continue à se transmettre beaucoup plus que du cuir. Et il y longtemps qu'on est dans les prolongations (mais on s'en fout, on n'est pas crevé !). Enfin, on m'a donné l'opportunité de tenter d'expliquer à des gamins, à des "grands" aussi, comment il fallait passer sur un pas ou plaquer aux jambes, la belle affaire : le rugby aura été (est) le support idéal pour expliquer aux mecs d'où ils viennent et vers où ils peuvent éventuellement aller. Leur faire sentir l'odeur singulière du GS, le goût des étreintes d'avant-match en "jaune et noir" et leur vraie valeur. Celles des étreintes mais aussi la leur. Et si un jour ils doivent s'éloigner de Fages justement parce qu'ils courent plus vite ou sont plus forts, ou encore parce qu'ils sont trop vieux, rien ne doit leur faire oublier d'où ils viennent et la grandeur de ce grand Monsieur, le Grenade Sports. Par M.T PS : si tu as vécu dans un club, si tu es de quelque part vraiment, change le nom du stade, change le nom du club, cet article est aussi pour toi, ton club et les tiens. Le programme : simple, vrai, bon. Samedi 11h - match Tabin's contre éducateurs Où les éducateurs vérifient si les anciens ont bonne mémoire et se souviennent de leur école de rugby. 14h - 17h - tournoi-défi Petits terrains, par équipe de six, le fils joue avec son père, son boucher, sa tante de Bordeaux et le voisin et le chien défient l'équipe du senior qui joue avec son cousin, son neveu et l'équipe cuisine. 17h30 - Match de gala Avec sous réserve l'équipe de France (pas de foot) contre le reste du monde. Puis ... Entre temps, au début, pendant, après, longtemps après un peu de paëlla, deux trois godets, un peu de talatatsoum et des histoires ovales et encore des histoires ovales.
Et ceux de 2000 reprenant la pause de ceux des années 40 un matin de match important se souviennent c'est sûr.
Vendredi 25 Juin 2010
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