Féminines

Féminines - Daniel DEMAY (Fonsorbes) : "Nous faisons notre bout de chemin"


Arrivé il y a sept ans comme entraîneur du groupe senior, Daniel Demay a pris la présidence du club cette saison. Avec 20 ans de rugby masculin derrière lui, cet homme passé par le TOEC, Colomiers et Tournefeuille s’investit désormais auprès des filles, encore minoritaires mais en pleine croissance dans notre sport. Si le SORF est par son rang en haut de l'affiche, il convient de ne pas trop oublier l'Avenir Fonsorbais qui pourrait à plus ou moins long terme tirer son épingle du jeu pour quitter le challenge Armelle Auclair et arriver dans le Top 10. (par Le Chat)



Sylvie Bros, une ambassadrice de charme pour l'Avenir Fonsorbais.
Sylvie Bros, une ambassadrice de charme pour l'Avenir Fonsorbais.
Monsieur Demay, que pouvez-vous nous dire sur votre club ?
Il a 13 ans d’existence et compte une centaine de licenciés entre les joueuses et les dirigeants. Nous avons deux équipes seniors, la première étant engagée dans le trophée Armelle Auclair. L’équipe II est de son côté qualifiée pour la demi-finale «Petit Sud ». Chez les jeunes, il y a une formation de moins de 18 ans qui est double championne de France en titre à VII. Malheureusement, elle ne pourra pas le remettre en jeu cette année, ayant été éliminée. Et puis il y a une nouveauté cette saison puisque nous avons mis en place une formation de moins de 15 ans. Nous voudrions développer cette dernière à terme car nous perdons beaucoup de licenciées à cet âge là. En effet, elles ne veulent pas jouer qu’avec des filles et puis l’âge fait qu’elles ont d’autres préoccupations.

Avez-vous l’impression d’être dans l’ombre du SORF ?
Non, absolument pas. Ce sont deux clubs à l’opposé géographiquement donc nous ne nous marchons pas dessus. Il faut de la place pour tout le monde. Nous faisons notre bout de chemin. Nous nous en préoccupions quand le SORF était dans notre poule il y a quelques saisons.

Quel est l’objectif du club ?
Nous espérons une montée dans le Top 10 d’ici trois ou quatre ans avec notre effectif qui est monté en seniors et dont trois joueuses sont sélectionnées en équipe de France des moins de 20 ans. Il s’agit des jumelles Peyronnet, Marion et Morgane ainsi que de Mélanie Sabatier. C’est une réelle fierté pour le club de faire éclore des joueuses qui ont joué toute l’école de rugby à la Saudrune.

Sur la saison actuelle, vous semblez en bonne position pour la qualification. Pour ne pas déjà envisager la montée ?
Le Top 10 n’est pas notre objectif immédiat. Pour la qualification, nous sommes quatrièmes à la dernière place qualificative et nous comptons deux points d’avance donc c’est vrai que nous somme en bonne position. Maintenant, si la montée se présente, nous l’accepterons. Mais il y a un côté financier qui est déjà difficile à gérer à notre niveau et en Top 10, c’est encore d’un tout autre calibre. Les longs déplacements, la fréquence des entraînements, etc. Nous ne nous entraînons qu’à deux reprises dans la semaine, le mardi et le vendredi.

"Le rugby féminin sort de l'ombre"

Quelles sont les différences notables que vous pouvez constater avec le rugby masculin ?
La puissance au niveau des impacts, la longueur de passe et le jeu au pied. Après, le reste est similaire par rapport aux hommes. Ce sont les mêmes règles, avec les poussées lors des mêlées. En Fédérale 2 ou 3, c’est un peu plus différent.

Comment expliquez-vous l’écart énorme dans la médiatisation ?
Le rugby féminin sort de l’ombre depuis trois ans mais c’est dérisoire. C’est difficile d’expliquer pourquoi. De ce fait, quand nous cherchons un partenaire, notre démarche est difficile. Les supports sont compliqués. Le jour où ce sera plus médiatique, les choses en seront facilitées. Pour le budget, nous fonctionnons avec les partenaires locaux et il ne faut pas faire d’écart pour pouvoir équilibrer les comptes à la fin de l’année. Nous sommes tous bénévoles et nous nous bougeons pour faire vivre le club. Je ne peux pas certifier qu’il y a plus d’argent ailleurs bien que je pense que cela soit le cas. A notre niveau, certaines joueuses sont à mon avis payées.

Comment parvenez-vous à compenser ?
Avant toute chose, toutes les personnes au club sont des passionnées. Nous avons deux entraîneurs par équipe, un préparateur physique et un kiné qui sont présents le plus souvent possible. Mais comme c’est du bénévolat, nous ne pouvons pas non plus en demander trop. Il y a des gens de qualité qui tutoient le haut niveau comme Sylvie Bros, en charge de l’équipe fanion et arbitre internationale. Concernant le club, nous avons la volonté de rester indépendant ce qui constitue un avantage et à la fois un inconvénient. Nous sommes toutefois très proches de Colomiers avec qui un partenariat a été conclu l’an passé. Nous faisons quelques levers de rideau afin de valoriser le rugby féminin et de faire parler de notre club.

Propos recueillis par L.C
Daniel Demay a conscience du fossé qui sépare ses protégées du Top 10. Photo AF
Daniel Demay a conscience du fossé qui sépare ses protégées du Top 10. Photo AF

Mercredi 2 Mars 2011

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