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Fabien PELOUS : "Je vais me remettre au foot !" ("L'entretien du samedi", Stade Toulousain, rugby)

Pour la première fois depuis douze ans, le Stade Toulousain a attaqué sa saison sans son deuxième ligne emblématique. Fabien Pelous a en effet arrêté sa carrière au printemps dernier. A 36 ans, le Toulousain se consacre désormais à des activités moins traumatisantes. Le football en fait partie. C'est en effet en joueur de foot qu'il envisage son avenir sportif ! (par F.D. )



En juin dernier, le temps d'un match de gala, Pelous en a surpris plus en tenue de footeux.
En juin dernier, le temps d'un match de gala, Pelous en a surpris plus en tenue de footeux.
Fabien, on vous a vu à votre avantage en juin dernier à l'occasion du match de gala pour la fondation Gol de Letra aux côtés de Raï et Algérino. Quel rapport avez-vous avec le football ?
Mes premiers pas sur un terrain, je les ai effectués en jouant au foot. Une saison poussin, deux saisons benjamin, j'ai joué à Mazères sur l'Hers au poste de latéral droit. Oui, ça arrangeait tout le monde que je sois loin des actions (rires) ! Je suis ensuite parti au rugby pour suivre des copains mais aussi parce que mon physique commençait à devenir un handicap au foot quand il était un avantage au rugby.

Ces trois saisons de footeux vous ont-elles laissé de bons souvenirs ?
Oui, j'en garde de bons souvenirs, tellement que j'envisage de renouer avec le football maintenant que j'ai mis de côté ma carrière rugbystique. J'ai toujours vécu le rugby à travers la compétition et je ne m'imagine pas continuer à pratiquer ce sport sans un minimum d'engagement. Le côté technique du foot peut justement me permettre de jouer sans ce côté physique exacerbé. Il faut juste que je cale mon emploi du temps pour savoir quand je pourrais jouer. Ce sera du football loisir évidemment…

Votre emploi du temps est-il si chargé que ça maintenant que vous êtes retraité ?
Il ne l'a jamais été autant. Je suis consultant pour Canal Plus tout en suivant une formation de manager de club sportif à l'université de Limoges. En parallèle, je m'apprête à ouvrir une brasserie sur le site du village de marque qui va bientôt s'ouvrir à Nailloux.

Au foot, quel joueur êtes-vous ?
Un défenseur dans l'âme qui aime forcément un peu le contact. Le 10 juin dernier, j'avais bien aimé me retrouver avec Daniel Congré en défense centrale. Avec lui, ça semblait facile !

Vous formiez une charnière complémentaire !
Elle était surtout complémentaire parce qu'il parvenait toujours à compenser mes erreurs (rires).


"J'ai gagné pas mal d'argent au rugby mais il n'a jamais été un moteur pour moi."

Pelous avec Casagrande, l'ancien pro de Nantes, PSG et St-Etienne... comme une passerelle entre deux mondes.
Pelous avec Casagrande, l'ancien pro de Nantes, PSG et St-Etienne... comme une passerelle entre deux mondes.
Etes-vous un supporter du TFC ?
Comme on se doit de l'être quand on est Toulousain pour le club phare de sa ville. Jusqu'à présent, je ne pouvais me rendre au Stadium que deux ou trois fois par an. Désormais, je vais y aller plus souvent d'autant que j'entretiens de bonnes relations avec Olivier Sadran et certains joueurs. On se côtoyait pas mal à travers diverses manifestations organisées en ville. J'ai notamment gardé un bon contact avec Dominique Arribagé. Ailleurs qu'à Toulouse, j'ai eu des contacts avec d'autres footeux à travers un investissement financier réalisé dans les vignobles de St-Emilion en commun avec Ulrich Ramé, Frédéric Déhu et Jean-Alain Boumsong.

Enviez-vous la vie des footeux, leur salaire, leur notoriété ?
Depuis que le rugby est passé professionnel, nous avons la même vie qu'eux, celle de sportifs de haut niveau, une vie basée sur la compétition du week-end. Ensuite, on peut toujours leur envier leurs salaires mais ce n'est franchement pas mon style. J'ai gagné pas mal d'argent au rugby mais il n'a jamais été un moteur pour moi. J'ai été comblé en tant que joueur de rugby car ce sport correspondait complètement à ce que je recherchais, c'est-à-dire des aventures humaines. Le football génère davantage d'individualisme dans la gestion des carrières… même si le TFC a démontré la saison dernière notamment que ce n'était pas toujours vrai. C'est leur esprit d'équipe et leur cohésion qui leur ont permis d'avoir des résultats. En ce sens, ils ont vécu sur le mode rugby et ça a marché.

Pour conclure, quel est votre plus fort souvenir de foot ?
Je ne vais pas être original en disant qu'il date du 12 juillet 1998 jour de finale de coupe du monde entre la France et le Brésil. Plus originale est la façon dont j'ai vécu le match, aux Seychelles, où j'étais en vacances avec ma future femme, dans notre chambre d'hôtel en complet décalage avec ce qui se passait en France. J'en garde d'ailleurs une immense frustration car une fois que nous avons éteint la télé, que nous regardions avec deux autres couples de français, c'était fini, plus personne ne s'intéressait à ça dans l'hôtel alors que toute la France était dans la rue en train de faire la fête.

Propos recueillis par Frédéric Denat

FABIEN PELOUS
Né le 7 décembre 1973 à Toulouse
Clubs successifs : Saverdun (1983-91), Graulhet (1991-95), Dax (1995-97), Toulouse (1997-2009)
Palmarès : Champion de France (1999, 2001 et 2008), coupe d'Europe (2003, 2005), Tournoi des Six Nations (2006), Grand Chelem (1997, 1998, 2002 et 2004), demi-finaliste de la Coupe du monde (2003 et 2007), finaliste (1999).
118 sélections en équipe de France (record).



 Fabien PELOUS : "Je vais me remettre au foot !" ("L'entretien du samedi", Stade Toulousain, rugby)
cette interview est parue dans le mensuel Le Foot Toulouse du mois de novembre 2009.

Samedi 20 Mars 2010


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