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En direct de Nouvelle-Zélande - Jacky LAURANS : "Personne n'a plongé dans le port..."


Clémence, volontaire au sein de l'association Rebonds! et du GE Rugby, et témoin privilégiée pour Rugby31 a croisé la route de Jacky Laurans, le vice-président de la FFR en charge des affaires internationales. Au plus près des "Bleus" avant la grande finale de dimanche matin (10 heures), il fait le bilan de ce Mondial et aborde surtout la plus grosse échéance depuis plus d'une décénie du rugby français. (par Clémence)



Clémence (à droite), ici en compagnie de Jacky Laurans.
Clémence (à droite), ici en compagnie de Jacky Laurans.
Au vu des nombreuses fonctions que vous avez eues et que vous avez encore dans le rugby, que pensez-vous de l’évolution du sport ?
J’ai effectivement été présent au moment du passage du statut amateur au statut professionnel et j’ai d’ailleurs participé activement à la création des nouveaux statuts. Il fallait que le rugby, pour devenir un sport moderne, accède au professionnalisme. Avant, il y a avait des pratiques non réglementaires. Officiellement, l’argent n’était pas autorisé. Evidement, c’était une hypocrisie énorme parce que tout le monde savait qu’il y avait de l’argent qui circulait. Il fallait régulariser tout ça et en venir à quelque chose de cadré pour assainir quelques pratiques.

L’argent prend une grande ampleur dans le rugby. Est-ce que cela vous parait dangereux ?
Bien sûr que nous essayons d’éviter certaines dérives et l’exemple du football est là pour nous empêcher de dériver. On a certains textes qui régissent bien les points les plus houleux, un certain suivi. Au niveau des grands événements, tout est cadré. Pour l’instant, en Coupe du monde, il ne peut y avoir de dérives financières puisque les joueurs sont étrangers au partage des recettes par exemple. C’est une compétition nouvelle donc tout doit être mis en place. Il a fallu encadrer tout ça pour lui donner de la crédibilité. Mais, il y a toujours des points à améliorer comme par exemple les obligations commerciales très strictes qu’ont les joueurs.

Vous avez été directeur de Rugby World Cup Limited durant deux Coupes du monde et vous êtes représentant de la France à l'IRB. Comment se passe l’organisation d’un Mondial ?
Une Coupe du monde demande une très grosse organisation. Par exemple, celle qui se jouera au Japon en 2019 aura un comité d’organisation dès janvier 2012. Il y a énormément de détails à vérifier avant de dresser le cahier des charges de la compétition. Un événement de cette ampleur, c’est plus de 200 personnes à plein temps. Même après, il y a la clôture des comptes à faire qui prend encore six mois. C’est donc un travail sur huit ans, entre la préparation en amont, l’événement en lui-même et la clôture.

Quel est votre avis sur cette Coupe du monde, en tant qu’expert et spectateur ?
C’est une réussite à mon avis. C’est une réussite d’abord sportive. On est dans un pays de rugby et tout le monde vit rugby. Au point de vue accueil, je crois que les joueurs parleraient mieux que moi de tout ça mais je pense qu’ils ont été particulièrement bien accueillis, même nous, les supporters. Il n’y aura cependant pas de succès au niveau économique. Ils sont victimes de la crise comme partout. Il y a eu moins de gens qui sont venus de l’étranger. C’est un pays isolé et petit qui ne peut accueillir autant de monde que la France par exemple. Ce sont des petites infrastructures qui enregistrent donc moins de places. Et la population étant limité, les stades n’étaient pas pleins, durant la phase de poule.

Le prix des places (entre 500 et 1500 dollars la finale, soit 250 à 850€) n’est-il pas un argument au non-remplissage des stades ?
Le comité d’organisation local a voulu compenser la rareté des places par un prix plus élevé (en France, les places étaient à 30€ pour certains matchs de phases finales et jusqu’à 300€ pour la finale). C’est un pari marketing qu’ils ont fait mais il aurait peut-être mieux valu mettre des prix moins élevés et remplir le stade. Ils auraient bénéficié de recettes complémentaires sur les buvettes, les hospitalités qui auraient compensé la diminution du prix du billet.

"Je suis confiant et je parie sur une victoire de la France"

Vous attendiez-vous à une finale France - Nouvelle-Zélande ?
L’objectif était la demi-finale et nous aurions été très déçus si nous ne l'avions pas atteint. Sur les sept Coupes du monde, nous avons joué trois finales, trois demi-finales et un quart de finale. La finale en Nouvelle-Zélande contre les All Blacks, c’est le meilleur scénario et si l’on gagne, ça sera la cerise sur le gâteau.

Un petit mot sur la presse ?
Je lis tous les jours la presse néo-zélandaise mais elle ne me déçoit pas. Nous avons l’habitude de venir, nous avons fait beaucoup de tournées ici et il y a toujours quelques petites attaques dans la presse. Ils n’ont pas eu à se plaindre de notre tenue puisque personne n’a plongé dans le port, ils ont été sages comme des images. Pour déstabiliser, il faut bien trouver des défauts. Ils nous ont attaqués sur notre jeu, disant qu’on n'avait joué que trente minutes depuis le début de la compétition. Si c’est le cas, tant mieux, nous nous réservons pour dimanche. C’est tout ce que je souhaite.

Un pronostic pour dimanche ?
Je suis confiant et je parie sur une victoire de la France. Je ne sais pas le score, on a fait des matchs serrés comme en 2007 et des matchs avec un score plus élevé (1999). Tout dépendra du début de match. Si les Blacks font un début comme contre l’Australie, ils peuvent vite marquer mais le XV de France a les ressources pour revenir. Il l’a déjà fait dans le passé. Moi je vois très bien un score 33-28 avec beaucoup de jeu et d’essais. Ça sera formidable et l’équipe de France sera définitivement réhabilitée si elle termine comme ça.

Propos recueillis par Clémence

Vendredi 21 Octobre 2011

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