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Coupe du monde - L'inégalité des chances


Nous nous étions légèrement offusqués ces derniers temps de l'inégalité des chances entre les petites et les grandes nations de notre sport lors de cet événement mondial. Pour des considérations privilégiant ouvertement les intérêts financiers à l'équité sportive, Samoans, Roumains, Américains ou autre Russes, se voient contraints d'être aptes à jouer tous les quatre jours quand les Français, Blacks, Anglais et autres grandes nations du Sud par exemple bénéficient du double de temps de récupération. L'IRB, c'est fort quand même : il doit encore exister des longs-manteaux qui dans des salons feutrés, cigares en bataille, composent aussi légèrement que leur prédécesseur du rugby amateur. Finalement pas très professionnel tout ça... (par Jiémel et Mi-Temps, troisième du nom)



Est-ce la peur de voir les petits créer des surprises qui est créatrice d'inégalités ? Où existe-t-il aussi un rugby des villes et des champs au plus haut niveau mondial ?Photo DR
Est-ce la peur de voir les petits créer des surprises qui est créatrice d'inégalités ? Où existe-t-il aussi un rugby des villes et des champs au plus haut niveau mondial ?Photo DR
Quelle différence il y a-t-il entre les sports hippiques et la Coupe du monde de rugby ?
Les esprits mutins répondront : aucune, il y a autant de bourrins dans les deux cas. Mauvaise réponse. Dans les premiers, ce sont les favoris qui se voient attribuer un handicap. Dans la seconde, ce sont les outsiders. Un joueur samoan (Sapolu Fuimaono) s'est d'ailleurs offert une violente sortie sur Twitter pour fustiger l'attitude de l'IRB dont le calendrier octroie trois ou quatre jours de moins de récupération entre les matchs aux nations les moins bien placées, protégeant de facto les ténors. Il a d'ailleurs mis sur le compte de cette injustice la courte défaite contre le pays de Galles. Il ne s'agit pas de demander que les All Black jouent avec une main dans le dos d'autant que "SBW" s'en ficherait, il fait de magnifiques passes à une main ! On n'impose pas que les ailiers trop rapides soient contraints de chausser des palmes au lieu de leurs crampons ou que les mêlées de France, Angleterre et autres Boks soient montées sur roulettes pour les mettre plus facilement sur le reculoir. Plus simplement, un temps équivalent de récupération permet au moins aux deux équipes de se préparer dans les mêmes conditions.


"La cuillère d'huile de foie de morue samoane"

Pour sa défense, l'IRB déclare que c'est pour assurer une meilleure audience télévisuelle (et donc les brouzoufs qui vont avec) que les grosses affiches sont concentrées sur les week-ends laissant aux équipes du tout venant l'honneur de boucher les trous. Il faut dire que l'instance en question est chargée de promouvoir le rugby dans les pays les moins bien nantis au travers des aides et subventions qu'elle distribue grâce aux recettes dégagées. C'est donc pour mieux les aider hors du terrain que l'IRB les punit sportivement. Un peu comme ces grosses cuillerées d'huile de foie de morue que l'on faisait naguère ingurgiter aux enfants en leur disant : "Allez, pas de grimace, c'est pour ton bien".
Et dans quelques années, quand les Samoans brandiront à leur tour le trophée Webb Ellis, ils penseront à leurs ainés, avec ce sentiment que l'on a en se remémorant tous ces pionniers défricheurs de continent, en disant : "Non, ils n'ont pas souffert en vain".
C'est beau, non?

Jiémel et M.-T, 3ème du nom
Allez Monsieur le président, un effort pour le rugby des petits... Photo DR
Allez Monsieur le président, un effort pour le rugby des petits... Photo DR

Vendredi 7 Octobre 2011

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