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Reportages
Christian IMBART : "L'aventure ovale existe aussi en Martinique !" (Antilles, rugby)Allez hop, tongs aux pieds, lunettes de soleil au nez, rugby31.fr vous amène en Martinique. Le journaliste d'investigation que je suis était prêt à se risquer à ce déplacement trop lointain et surement trop ennuyeux. La direction a préféré m'envoyer à Brignemont. C'est un choix... Heureusement, Christian Imbart, ancien joueur de Colomiers, Tournefeuille ou encore le FCTT et Balma, nous reçoit dans son club. Lisez, puis fermez les yeux. Vous sentez le soleil ovale, vous transpirez le 'ti punch, vous y êtes ? (par P.M.)
Christian où es-tu ?
Depuis septembre 2008, je vis à la Martinique. J'ai suivi mon épouse qui a eu une mutation professionnelle. Nous sommes installés à La Trinité dans le centre de l'île. On imagine que tu dois donc être loin du rugby ? Pas tant que ça : en décembre 2008, j'ai fait la connaissance des dirigeants de la Gauloise de Trinité qui m'ont accueilli les bras ouverts. J'avais décidé de mettre un terme à toute pratique rugbystique, mais une fois sur place, le virus m'a repris avec des jeunes, un esprit sain et des dirigeants qui se battent pour promouvoir un sport qui n'est pas du tout dans la culture locale. Un vrai challenge pour moi ! Pour ma première saison, nous avons gagné la Coupe de la Martinique et nous sommes vice-champions de la Martinique derrière l'US Robert (vainqueur des 10 dernières saisons). Quelle est ta fonction au sein du club ? Aujourd'hui, je suis entraîneur- joueur de la Gauloise de Trinité. Je tente de transmettre mon expérience pour structurer le club et donner tout ce que le rugby m'a appris tout au long de ma carrière en métropole. "Le rugby à la Martinique, c'est le rugby d'il y a 20 ans en métropole." Comment vit-on le rugby hors métropole ? Le rugby à la Martinique, c'est le rugby d'il y a 20 ans en métropole. Nous n'avons pas de terrain attitré, nous évoluons sur des terrains de foot. D'ailleurs les poteaux sont des cages de foot auquel nous accrochons des bambous ou des barres. Un rugby champêtre mais plein de cœur. A la Gauloise de Trinité, nous nous entraînons deux fois par semaine (mardi et jeudi). Le plus dur pour moi qui viens de la métropole, c’est de préparer une séance avec un thème et d’être obligé parfois de changer l’entrainement car l’effectif n’est pas au complet. Le problème de transport pour les étudiants qui sont à la Fac sur Fort de France, de travail pour certain et enfin du "flegme antillais" qui est un pêché mignon. Que de bons petits problèmes finalement. Peux-tu nous donner quelques détails sur l'organisation du comité, des clubs ? Le rugby à la Martinique, c'est un Comité qui a 5 clubs. Le Good Luck (Club omnisports de Fort de France), l'US Robert, le RCDM (club du Diamant), l'armée et enfin la Gauloise de Trinité (club omnisports de Trinité). En terme de pratiquants, il y a environ 500 licenciés sur l'île. Le club de la Gauloise est le club le plus vieux de la Martinique (naissance en 1960). A une certaine époque, il y avait jusqu'à 10 clubs sur l'île. Le championnat senior se compose de 8 équipes (2 au Good Luck, 2 au robert, 2 au Diamant), l'armée et la Gauloise. C'est un championnat à XV. Le vainqueur fait l'année suivante le championnat Antilles-Guyane (Martinique, Guadeloupe, Guyane) sous forme demi-finale et finale en 4 jours (le département qui organise le trophée fait participer le premier et second de son championnat). Cette année, le championnat s'est déroulé en Guadeloupe, le champion est le RC Cayenne (Guyane). L'an prochain le championnat sera organisé par le Comité Martinique. Les second et troisième du championnat font le Top 4. Le Top 4 est une compétition qui se joue en trois journées. Une journée où les équipes du même département se rencontrent plus une journée en Guadeloupe et une autre à la Martinique. Chaque club rencontre ses homologues une fois. "Nous allons essayer d'organiser un grand tournoi où nous pourrions faire venir des clubs de la métropole..." Existe t-il d'autres formes de jeu ? Nous avons un mini championnat à VII qui a pour but de former la sélection de la Martinique qui va régulièrement se confronter avec les voisins caribéens (Tournoi de Trinidad). La saison dernière, nous avons été invités au tournoi de Mexico qui est un tournoi qualificatif pour la coupe du monde à VII. Une sélection USA était présente, la Jamaïque et bien d'autres. Nous avons terminés à la quatrième place derrière de grosses armadas qui sont financées par l'IRB (dans le cadre du développement du rugby à VII). Dans les catégories de jeunes, nous avons régulièrement des journées où toutes les catégories sont présentes.
Y a t-il beaucoup d'échanges avec les clubs de France métropolitaine ?
Nous avons très peu d’échanges avec la métropole. Le Comité finance chaque année le déplacement des moins de 15 (challenge Orange) et moins de 17 (tournoi rugby à VII). Malheureusement pour nos jeunes, ce sont des expériences douloureuses car il existe une grande différence de niveau entre notre rugby et celui de la métropole. Toutefois, il est impératif de continuer, car cela fait progresser nos jeunes. Nous souffrons énormément de la distance, le moindre déplacement est très coûteux. Aujourd'hui, malheureusement pour le rugby martiniquais, nous n'avons pas les moyens de faire plus. Serais-tu favorable à plus d'échanges entre la métropole et le rugby Martiniquais ? Nous allons essayer d'organiser un grand tournoi où nous pourrions faire venir des clubs de la métropole et des Antilles. Pour les seniors, il n'existe pas à ma connaissance d'échange avec les clubs de la métropole... Le calendrier de la métropole n'est pas trop favorable à ce type d'échanges. Les clubs ne sont généralement disponibles qu'en fin de saison. Si un club désire faire ce type d'échange nous sommes disponibles. Depuis quelques saisons, nous avons quelques jeunes qui viennent en métropole pour tenter leur chance. Cette année un jeune espoir de la Gauloise de Trinité a intégré le pôle espoir de Tours. Orlane Chinon, ¾ aile de formation, possède un physique d’athlète (il était régulièrement sélectionné en athlétisme avec un 10,8 s au 100 m). Avec ses qualités athlétiques, il a impressionné ses éducateurs au pôle. Il est le flambeau et la fierté de notre école de rugby. Au pôle de Tours, il n’est pas le seul martiniquais puisque deux jeunes de l’US Robert sont également présents. L’ensemble des éducateurs de l’île font un énorme travail de formation, je suis admiratif de leur dévouement et ils méritent respect et reconnaissance. Le rugby a donc aussi un vrai rôle social ? Oui, le rugby en Martinique joue un rôle important dans les milieux défavoriser, il est facteur d’intégration dans la cité. Les qualités requises pour faire un bon joueur le sont aussi pour construire un homme bon, ici comme partout ailleurs. Par ailleurs, sii un joueur désire s'installer au soleil, qu'il sache que la Gauloise de Trinité l'accueillera les bras ouverts. Même si le marché de l'emploi est sinistré, il y a quelques possibilités pour vivre une aventure à la Martinique. Mais attention au rythme et au 'ti punch ... propos recueillis par P.M.
Christian, ici au centre en bleu, annonce l'équipe. Toujours joueur, toujours entraineur et toujours aussi passionné.
CHRISTIAN IMBART
41 ans Parcours Joueur : US Colomiers (dix ans de football avec comme entraîneur Lucien Roques !), Colomiers, (juniors Crabos), Tournefeuille (juniors Crabos), FCTT (1992-94, montée en 2ème division et fin de carrière sur une rupture des ligaments croisés du genou). Entraineur : FCTT (équipe réserve jusqu'en 2000), Balma (2001-04, Nationale B dont une saison comme directeur sportif).
Dimanche 25 Avril 2010
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