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Nouvelles règles : du rififi chez les pilards ! (mêlées, piliers, rugby)

Les nouvelles règles continuent de susciter des réactions nombreuses et variées. En confondant parfois sécurité et jeu, certains pensent réellement que nous sommes en train de tuer le rugby. A ce jeu, la mêlée notamment, est vénérée au plus haut point. Les piliers, les "pilards" ,les "tronchards" sont proches de la grève, voire de la révolution. Cette réaction nous est proposée par un ancien au poste et nous vient d'un forum du site "rugby fédéral" posté par un vrai, un pur, un dur répondant au pseudo de "Myolastan". Attention, sortez vaseline et élasto : tout au casque ... (par Mi Temps, 3ème du nom)



Une bonne vieille mêlée là, té rien de tel pour savoir qui c'est Raoul !
Une bonne vieille mêlée là, té rien de tel pour savoir qui c'est Raoul !
"Nous pouvons tous être bien tristes de ces nouvelles règles qui vont mettre à mort le rugby à XV.
Plus de combat, plus de liaisons, plus de plaquages, je vomis ce nouveau règlement qui ose supprimer nos nobles premières lignes comme si c'était de la m......
Tant pis, à nous de créer un nouveau sport avec une fédé de rugby à 5, qui se jouerait dans les 22 et qui départagerait les équipes par gagne terrain. Les mêlées, seraient bien sûr autorisées, et tout joueur voulant jouer y serait le bienvenu à condition d'y accepter les règles. Parce que être pilier ce n'est pas rien :

Les Pilars
Etrange bipède dont la morphologie évoque nos lointains cousins quadrumanes, le pilier se nourrit quasi exclusivement de saucisson. Figure inénarrable du rugby, le spécimen prête volontiers le flanc à la caricature. Quand on veut dépeindre le rugbyman sous les traits grossiers d’une brute épaisse dont l’essentielle faculté est de s’incliner pour pousser en mêlée, c’est bien sûr au pilier que l’on pense. Le cliché est un peu éculé me direz-vous. De nos jours, les piliers dits "modernes" sont des athlètes affûtés sans un gramme de graisse, galopant aux quatre coins du pré, capables de vous envoyer des passes vissées de 30 mètres. Heureusement pour le folklore de notre sport, ce tableau idyllique ne concerne qu’une poignée de joueurs professionnels composant le gratin de l’élite nationale. Les autres sont bien souvent à cataloguer dans la série "à l’ancienne".
Dépassant allègrement le quintal, un cou de taureau, tout dans le jarret et dans les reins, rien dans les abdos (hormis la Kro), le pilard traditionnel est voué aux tâches obscures de ce jeu : tordre son alter ego en mêlée, arracher des ballons dans les mauls et c’est à peu près tout. Jamais vous ne verrez un n° 1 ou un n° 3 porter le cuir (qui ne sera d'ailleurs jamais plus de vache) dans une course folle et chaloupée pour prendre des intervalles au milieu des gazelles. Cela lui est généralement formellement interdit par son coach, et d’ailleurs, ce serait contre-nature...

Les hommes de l’ombre
Quand on joue à la pile, on va au charbon, on fait sa sale besogne et surtout on se tait. Et pour cause, le pilier est un homme fort, roué et vicelard, sa mobilité est limitée et ne peut donc jouer les stars en tortillant du cul. On les voit parfois tenter quelques foulées courageuses en début de partie, histoire de montrer qu’ils sont eux aussi des sportifs, et puis après, harassés par les travaux de force auxquels ils se bornent, marchent péniblement d’un regroupement à un autre, de la touche à la mêlée, les mains appuyées sur les reins, cherchant l’oxygène comme de grosses carpes sorties de la rivière.
Néanmoins, tous les rugbymen vous le diront, un bon pilier, solide comme un roc, vaillant comme une mule, est une denrée ô combien précieuse. Deux piliers défaillants et c’est souvent la maison qui s’écroule, par contre s’ils sont conquérants, on peut voyager tranquille. D'ailleurs les vieux adages ovaliens le disent : "le rugby, ça commence devant", et comme devant, ça commence avec eux, mieux vaut être bien armé en première ligne.

Qui fait peur aux enfants ?

Il faut en effet être un gaillard de la meilleure moelle pour affronter toutes les avanies de ce sport. Qui ramasse les poires en premier quand une mêlée se relève ? Le pilier ! Qui sort du terrain la gueule en vrac ? Le pilier ! Qui est condamné à l’anonymat éternel ? Le pilier ! Qui se couvre de ridicule en se tartinant la fiole de vaseline et en se passant un bandeau d’élasto autour de la tête ? Le pilier ! Qui a les oreilles en choux-fleurs ? Qui ne trouve pas de short à sa taille, qui fait peur aux enfants, etc, etc… Alors vraiment, à tous les piliers de la terre, je rends un hommage à la bravoure, à l’abnégation et à l’humilité. Et oui, finalement , on les aime bien nos bons vieux piladrs, ils amènent un peu de sel dans une vie de groupe. On les brocarde gentiment, on les taquine parce qu’on sait que c’est facile et qu’ils n’ont pas toujours une répartie foudroyante. Faut dire qu’ils cherchent aussi… quand quelqu’un lâche une caisse abominable et enfume un car entier, c’est toujours sur les piliers que les soupçons s’abattent, quand, juste avant un match, un chiotte est "nutellisé" sans vergogne, on voit souvent en sortir une bourrique, fière de son forfait, arborant un 1 dans le dos. Et puis, qui mange tout le saucisson dans les collations d’après-match ?
* Nutelliser : formidable néologisme construit sur la racine étymologique de "Nutella". Imaginez-donc une cuvette ressemblant à un pot de Nutella en fin de vie…"

Et qu'en penserait Armand Vaquerin de toutes ces règles ?
Et qu'en penserait Armand Vaquerin de toutes ces règles ?
"En touchant à la mêlée, c'est le pilier qu'on assassinne !"

On sent bien dans ces propos combien la confrérie des piliers est touchée dans sa chair, si j'osais j'écrirais "dans son gras". On entend là la complainte d'une espèce en voie de disparition que le législateur négligerait et même jetterait de fait en dehors de leur pré d'origine. Pire, en touchant à la mêlée, en l'aseptisant de la sorte, on ôterait le seul élément gratifiant de cette noble race que sont les piliers "à l'ancienne". J'irais même jusqu'à pousser la comparaison à ces Indiens des Etats-Unis parqués dans des réserves dans les états du Nouveau Mexique ou d'Arizona. En réserve, c'est bien là d'ailleurs qu'ils finiront tous ces hommes forts qu'on assassine. Sans compter que parfois en réserve d'ovalie, on enlève des bêtes du troupeau pour ne plus en compter que 12 au lieu de 15 ! Et là il y encore moins de quoi s'encorner, jouer du "baticol", toucher au flanc du talonneur adverse, ou encore "sortir son gaucher" ou "passer sous son droitier". Mais je m'égare et j'en fais surement trop : té, je tape en touche !

Propos recueillis par M.T (qui n'a jamais joué devant ...)

Lundi 30 Août 2010