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Féminines
Arbitrage - Christine BIGARAN : "Officier au centre en Pro D2, le summum !"Samedi soir à Tarbes, Christine Bigaran est entrée dans l'histoire du rugby français en devenant la première femme à diriger une rencontre professionnelle. Un bonheur de vingt minutes d'une rare intensité qu'elle doit à la blessure de son compère midi-pyrénéen Eric Soulan, blessé à l'heure de jeu alors que Carcassonne menait à Maurice-Trélut à ce moment-là de la partie (19-13). Autant dire que le contexte n'était pas idéal. Loin d'être perturbée par son replacement de la touche au centre, la meilleure arbitre hexagonale, licenciée à Revel depuis 2006, a officié avec brio. Une bien belle récompense pour celle qui a commencé il y a onze en tant que stagiaire à Villefranche-de-Lauragais et qui a gravi les échelons un à un pour en arriver là aujourd'hui. Toujours avec modestie et humilité. (par XIII)
L'avenir nous dira si Christine réapparaîtra au centre chez les pros mais elle restera quoi qu'il advienne dans l'histoire. Photo DR
Vous attendiez-vous à un tel scénario ?
Non ! On n’imagine jamais la blessure de l’arbitral central. Toutefois, on se prépare toujours au cas où. Me concernant, j’effectue mon échauffement de la même manière que je sois à la touche ou au centre. C’était ma première fois à la touche en Pro D2 car je viens tout juste d’être classé arbitre central en Fédérale 1 ce qui implique que je suis succeptible de faire la touche en Pro D2. Que s'est-il passé dans votre tête ? Quand l’arbitre central, Eric Soulan, m’a dit qu’il était blessé et m’a demandé de me préparer, je me suis dit "oh punaise !". Le score était serré, le match tendu. L’autre arbitre de touche, Thierry Le Grand, m’a rassurée et Eric a continué cinq minutes avant de ne plus pouvoir. Je n’ai pas eu le temps de réfléchir, j’ai serré la main aux deux capitaines et je me suis régalée. Cela restera le plus beau souvenir de ma carrière. J’ai fait une Coupe du monde mais là, c’est le summum. On comprend donc que l'envie de recommencer est présente... Cela donne forcément envie d’y revenir mais je ne souhaite pas de mal aux autres arbitres. Maintenant, je suis en Fédérale 1 et je remets les pieds sur terre. C’est une grande première qui ouvre une porte pour les femmes. Je ne sais pas si ce sera moi car j’arrive sur mes quarante ans et d’autant plus que ce n’est pas en vingt minutes que l’on a pu voir si j’étais douée pour arbitrer du Pro D2. En tous cas, je vais me donner à fond cette année pour prouver que j’ai mérité la confiance que l’on m’a accordée.
Quels échos avaient-vous eu de votre prestation ?
Par presse, les joueurs de Carcassonne sont venus me dire qu’ils étaient ravis de mon arbitrage. Mais en même temps, c’était plus facile pour eux, ils avaient gagné (rires). Christian Labit a glissé des mots gentils et pendant la réception également, des gens sont venus me voir pour me féliciter, tout comme le président de Tarbes. Cela me rassure mais quand j’ai vu les têtes des autres arbitres au sortir du match, j’ai compris que cela s’était bien passé. Avez-vous demandé la vidéo du match ? Oui, bien évidemment. N'est-ce-pas difficile d'officier en tant qu'arbitre quand on est une femme ? Non, ce n'est absolument pas compliqué. Le contact passe très bien avec les joueurs et je n'ai jamais rencontré le moindre problème. Je vis très bien le fait d'être une femme. Propos recueillis par XIII Mardi 27 Septembre 2011
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